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garance vivante, et sa conversion en principe rouge par le faitdu contact de l’air étant établie, on ne doit plus admettre que cesracines renferment simultanément plusieurs matières colorantesdistinctes, que Robiquet et Colin, Kuhlmann, Runge, PcrsozetGaultier de Claubry, ont obtenues. Il est probable que toutes cesmatières, tant les rouges que les jaunes, ne sont que le mêmeprincipe, obtenu à un plus ou moins grand degré d’altération. PourM. Preisser, il est évident, par suite des communications qui luiont été faites par MM. Girardin et Grelley, de Rouen , qu’il n’y a,dans la garance du commerce, qu’un seul principe colorantrouge, auquel ils donnent le nom de colorine, mais que ce prin-cipe retient en mélange plus ou moins du principe jaune qui lui adonné naissance par l’effet de l’oxydation. C’est ce principe jaune,non encore modifié par l’air, qui constitue la xanthine de Kuhl-mann, ou le principe jaune de Runge. Valizarine et la purpurinede Robiquet et Colin, la matière colorante rouge et la matièrerose de MM. Persoz et Gaultier de Claubry, le pourpre, le rouge,l’orange, le brun de Runge, ne sont, d’après MM. Girardin et Grel-ley, que des mélanges plus ou moins altérés et complexes decolorine, et du principe jaune primitif.
CARTHAME. — Les Heurs de cette plante donnent un très-jolirose, qui malheureusement a peu de solidité; aussi l’emploie-t-on uniquement pour faire le rouge de fard.
C’est à Reckemann, à Dufour et à Marchais qu’on doit la con-naissance de la composition chimique des Heurs du carthamustinctorius , espèce de chardon connu dans le commerce sous lenom de safranum. On admet, dans ces fleurs, deux matières co-lorantes distinctes, l’une jaune, soluble dans 1 eau, et que l’onpeut enlever par un simple lavage ; l’autre rouge, insoluble dansl’eau, soluble dans les alcalis faibles, peu soluble dans l’alcool,et encore moins dans l’éther. M. Chevrcul a donné à cette der-nière le nom de carthamine. Suivant Dœbereiner, la matière jauneest de nature alcaline, tandis que la matière rouge est si manifes-tement acide, qu’il a proposé de lui donner le nom d'acide car •thamique. D’après lui, ce principe rouge forme, avec les alcalis,des sels particuliers, dont quelques-uns, tels que le carthamatedesoude, cristallisent en aiguilles soyeuses brillantes. Ces sels sonttous incolores, et offrent le phénomène remarquable d’être préci-pités en une substance rose très-brillante par les acides végé-taux.
Le meilleur procédé, selon M. Preisser, pour isoler la cartha-mine, consiste à épuiser les Heurs de carthame par l’eau, qui en-lève tout le principe jaune. On les met ensuite en contact avec