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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
l'ouïe, que si l’on prend la couleur pour l’un des termes ; car la couleur est sus-ceptible, aussi bien que le son, de produire par elle-même des sensations agréa-bles, en dehors de toute signification et de tout caractère. Comme lui, elle esttransmise par des ondulations, et peut-être les harmonies de l’une et de l’autreobéissent-elles aux mêmes lois numériques.
A Itération des proportions . Nous ne pouvons quitter ce suj et sans aj outer quelquesmots sur ce qu’on a appelé l’altération des proportions, c’est-à-dire sur les modi-fications à in troduire dans une forme donnée pour corriger les erreurs auxquellesest sujet l’organe de la vue. On sait, et nous avons rappelé tout à l’heure que notrejugement rectifie la plupart de ces erreurs. Yoici, par exemple, une allée rempliede promeneurs : l’image qu’elle présente tendrait à nous faire croire qu’elle vaen se rétrécissant, et que les hommes diminuent de grandeur à mesure qu’ilss’éloignent de nous; mais nous ne nous laissons pas prendre à ces fausses appa-rences. L’expérience nous a appris que les objets paraissent d’autant plus petitsqu’ils sont vus à plus grande distance, et tantôt nous nous servons de la petitessedes objets pour apprécier leur éloignement, tantôt du sentiment que nous avonsde la distance pour juger de leurs dimensions; souvent même nous avons recourssimultanément à ces deux choses pour asseoir notre opinion. Ce que nous savonsou ce que nous présumons sur la forme de l’objet nous vient aussi puissammenten aide pour éviter les erreurs dans lesquelles le mode de perception pourraitnous entraîner. Mais ces guides précieux ne sont pas tellement sûrs que nouspuissions nous appuyer sur eux en toute confiance ; le jugement que nous portonssur la forme qui frappe notre vue repose en définitive sur des hypothèses, sui-des appréciations, qui, fondées dans la plupart des circonstances, ne le sont pastoujours et deviennent alors des causes d’erreurs. Cette allée que nous croyonsde même largeur, et dont nous jugeons, jusqu’à un certain point, la longueurpar la différence que nous observons entre les amplitudes apparentes de ses deuxouvertures, pourrait fort bien être comprise entre deux lignes non parallèles,et suivant que ces lignes seraient convergentes ou divergentes, en s’éloignant denous, nous lui aurions assigné plus ou moins de longueur quelle n’en a réel-lement. Notre erreur, dans ce cas, proviendrait d’une opinion préconçue sur laforme de l’allée. Ainsi encore tout le monde a pu observer que les objets nousparaissent plus grands par les temps de brouillard que lorsque l’air est parfai-tement diaphane, et cependant nous avons conscience de cette cause d’erreur;mais nous ne savons pas lui faire une part suffisante. Nous apprécions mal la