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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’AIÏCHITECTURE,

poutre tout à fait plane nous paraît affectée de quelque convexité. Nous sommestellement portés à eroire à un mouvement avec lequel une expérience journalièrenous a familiarisés ^ et dont nous avons même une sorte d’instinct, qu’il fautune disposition spéciale pour l’éloigner de notre pensée. Or les Grecs, qu’ani-mait un sentiment d’art bien-autrement délicat que le nôtre, n’ont pas dû semontrer plus indifférents que nous sur ce point, et quand ils ont eu à exécuterdes poutres en pierre, ils ont observé une méthode qui n’était plus aussi indis-pensable sans doute, mais qui avait encore de sérieux motifs. Peut-être d’ailleursle spectacle de l’horizon maritime qu’ils avaient constamment sous les yeux,n’a-t-il pas été sans influence sur leur manière de voir et d’apprécier. Cette ligne,qui se présente comme droite à notre esprit, quoiqu’elle soit convexe, devaitêtre pour eux un régulateur, et, à ce titre, aussi bien que par un effet de con-traste facile à concevoir, elle exigeait que toutes celles qui étaient appelées àparaître horizontales lui fussent sensiblement parallèles, sous peine de perdre lecaractère qu’on voulait leur attribuer, et de sembler courbes en sens inverse.

En second lieu, une observation attentive et un sentiment fin et profond desbeautés de la création, leur avaient fait reconnaître que la ligne droite ne serencontre jamais dans la nature; que les lignes auxquelles nous sommes portésà attribuer cette forme ne la possèdent réellement pas, et ne nous paraissentdroites que parce que leur courbure est peu prononcée ; enfin que la courbeest une des conditions du beau. On trouve des surfaces planes et des lignesdroites dans les figures de l’art égyptien ; il n’y en a point dans celles de l’artgrec, mais il n’y a pas non plus la moindre exagération à l’opposé. La courbeest partout, mais souvent elle se manifeste à peine, et produit son effet sansqu’on ait un sentiment bien net de son existence. La modération est extrême,parce que le goût est parfait. Les Grecs ont agi en architecture, de la mêmemanière qu’en statuaire et probablement aussi en peinture. Ils ont repoussé laligne droite; ils ne l’ont pas plus acceptée pour les galbes de leurs colonnes quepour les poutres des plafonds ou les entablements, et, à sa sécheresse, ils ontsubstitué le moelleux d’une courbe à peine accusée. On croit, en voyant un deleurs chefs-d’œuvre, avoir des lignes droites sous les yeux; mais on sent enmême temps que ces lignes ont un charme tout particulier, une grâce qu’onne leur avait pas encore trouvée, et dont elles ne paraissaient point susceptibles.

On observe dans le Parthénon des exemples d’altérations déformés d’une autrenature, et qui témoignent également du plus judicieux sentiment des convenances