BEAUTÉ.
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Aux altérations de proportions peuvent se rattacher des altérations de naturetoute différente, sur lesquelles une étude approfondie de quelques monumentsde l’antiquité grecque a appelé, dans ces dernières années, l’attention des ar-chitectes. Il s’agit des courbes qui ont été découvertes où jusqu’alors on n’avaitvu que des lignes droites.
En relevant les mesures du Parthénon avec la plus grande précision, on a re-connu que ce monument ne comportait pour ainsi dire que des lignes courbes,et d’autres temples, à peu près contemporains, ont donné lieu à la même obser-vation. Les arêtes du dallage sur lequel reposent les colonnes du portique,celles des architraves, des frises et des corniches sont dirigées, non pas enligne droite, mais suivant des courbes concaves par rapport à l’horizon. Cescourbes ne sont pas très-prononcées sans doute ; leurs flèches sont de 0 m ,065 surles faces principales et de 0 M ,I23 sur les faces latérales; mais si l’on n’en est pasfrappé au premier abord, elles se reconnaissent très-bien dès qu’on est prévenude leur existence. lien est de même du galbe des colonnes : il est formé par uneligne légèrement courbe, concave par rapport à l’axe, et non par une lignedroite, comme on l’a cru pendant longtemps (I).
Dans quel but a-t-on adopté ces dispositions, qui témoignent d’une si grandesollicitude, et exigeaient tant de soins et de précision dans le travail? Quel estleur mérite au point de vue de l’art? Le mérite nous paraît incontestable, etquant aux motifs, voici ceux qui se présentent à l’esprit quand on étudie laquestion.
En premier lieu, il est probable que la pratique des constructions en char-pente , a exercé, encore ici, une action bienfaisante sur les constructions enpierres. On sait qu’une pièce de bois, posée horizontalement sur deux appuis,s’infléchit en vertu de son propre poids et, à plus forte raison, si elle a des far-deaux à supporter, et que, pour prévenir le mauvais effet qui résulterait de cemouvement, les constructeurs expérimentés ont soin de donner à la face infé-rieure de leurs poutres une courbure opposée à celle qu’elles tendent à prendre.Les principales pièces de nos planchers sont concaves quand on les met en place,afin de ne pas devenir convexes. On a même reconnu qu’il convient de leurdonner assez de concavité pour qu’elles en conservent toujours un peu; car une