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Deuxième partie.
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TRAITÉ D'ARCHITECTURE.

sions notablement plus grandes ou plus petites. Il en est ainsi dans les œuvres dela nature ; les proportions relatives de l’homme de petite taille ne sont pas exac-tement les mêmes que celles d’un homme de haute stature, tellement qu’à la vued’un portrait en pied bien fait, on reconnaît immédiatement si la personne qu’ilreprésente était grande ou petite. On peut donc dire que toute forme doit êtreconçue en vue de dimensions, et doit, entre certaines limites, porter témoi-gnage de l’échelle qui convient à son exécution. Et cette condition est d’impor-tance d’autant plus grande pour les œuvres d’architecture qu’elles embrassent lesdimensions les plus diverses, sont renfermées parfois dans un espace très-res-treint , et reçoivent en d’autres circonstances un développement très-considé-rable.

Nous avons déjà eu occasion de montrer, dans la première partie de cet ou-vrage, comment certaines formes, certaines proportions doivent varier avec lesdimensions réelles. Pour les arcades, par exemple, on a vu que la largeur desarchivoltes doit être d’autant plus faihle par rapport à celle de l’ouverture, quecette ouverture est plus grande. On peut citer encore à ce sujet, les profils decorniches, qui comportent d’autant moins de divisions qu’ils sont exécutés sur uneplus petite échelle; les colonnes, qui n’admettent pas autant de cannelures quandleur diamètre est faible que s’il est considérable; et les petites saillies destinées àarrêter divers membres d’architecture, qui, donnant de la finesse à un ornementde dimensions restreintes, deviendraient exagérées si l’on faisait croître dans lemême rapport, et ces saillies et les dimensions de l’objet. On comprend, sans qu’ilsoit besoin de préciser, qu’il est une limite au-dessous de laquelle les détailstomberaient dans la maigreur, et qu’il en est une autre qu’on ne peut dépassersous peine de les voir devenir lourds ou grossiers. On peut dire, en thèsegénérale, qu’une même forme doit multiplier ses divisions à mesure queses dimensions augmentent; mais qu’il faut traiter grandement les grandeschoses, et faire croître les dimensions des détails en même temps quecelles de l’ensemble, sans que ce soit toutefois dans une aussi forte pro-portion.

Tel est l’esprit qui a dirigé les architectures grecque et romaine. Il a le mé-rite d’associer la grandeur morale à la grandeur matérielle; mais il faut recon-naître qu’il n’a pas toujours celui de donner une idée bien nette de la dernière.Comparer des dimensions n’est pas en effet chose facile, ou du moins n’est pasune opération qui s’exécute spontanément et en quelque sorte à notre insu,