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Deuxième partie.
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BEAUTÉ. 65

Un admirable monument des Romains peut être invoqué à l’appui de cettethéorie; c’est la basilique de Constantin à Rome , dont les ruines imposantessubsistent encore, et sont généralement connues sous le nom de ruines dutemple de la Paix. La planche 15 en représente le plan et la coupe transversale.

La grande nef est de dimensions colossales; elle a 25 m ,51 de largeur sur85 ra ,95 de longueur, et ne se compose cependant que de trois travées. Si l’ons'était borné là, elle eût produit peut-être un très-grand effet, elle eût ététrès-imposante; mais il eût été difficile d’en apprécier l’étendue. Aussi lesRomains, qui avaient le sentiment des grandes choses et savaient les traiter,ont fait davantage; ils ont divisé chaque travée en trois parties sur sa lon-gueur et en deux sur sa hauteur, au moyen d’arcades ouvertes dans les bascôtés, et ils se sont bien gardés de donner à ces ouvertures de trop petitesdimensions, de peur qu’elles ne fussent écrasées par celles de la nef. En voyantainsi ces six arcades, dont il était assez facile d’apprécier les proportions, con-tenues dans la largeur d’un des grands arcs, il était impossible de ne pas êtrefrappé à la fois, et de l’étendue de la salle et de l’ampleur des dispositions.

Les grandes salles des thermes, du même peuple, présentaient un caractèreanalogue, ainsi qu’on peut en juger à l’inspection de la planche 64. On ytrouvait toujours une grande simplicité de composition, un petit nombre dedivisions principales très-accentuées, puis, dans chacune d’elles, des subdivi-sions formées par des colonnes et des ouvertures.

On peut citer encore à ce sujet la plupart des grands monuments qui se rat-tachent d’une manière plus ou moins directe aux traditions de l’architectureromaine : Sainte-Sophie de Constantinople (pl. 23 à 27), dont la dispositionest admirable entre toutes; et, plus près de nous, jusque dans le moyenâge, la cathédrale d’Angoulême avec ses trois arcatures et ses deux fenêtres partravée (pl. 54 à 55), ainsi que plusieurs églises du midi de la France . Cesystème si judicieux s’est même propagé dans l’architecture ogivale, où letriforium compte plusieurs ouvertures par travée, et où des arcatures multi-pliées couvrent les murs; mais il n’y est plus conçu avec autant d’ampleur,avec un sentiment aussi parfait des convenances morales ; appliqué sur de troppetites proportions, il divise encore ce qui est déjà trop divisé, et il amoindritau lieu d’agrandir.

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