TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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tout d’un coup en présence des colossales pyramides de l’Égypte ; et ce n’estcertainement pas la beauté de la forme qui lui a arraché des cris d’admiration.
11 y a donc une question importante à résoudre : celle de savoir quelssont les moyens à employer pour concilier ces deux choses, pour donnerconscience des dimensions réelles sans nuire au caractère de la composition,et par suite en le rendant plus saisissant. Quelques personnes ont pensé qu’ilconvenait, à cet effet, de placer sur plusieurs points de l’édifice et à diversesdistances du sol, des objets dont la hauteur, réglée par la destination de cesdétails, fût à peu près immuable et dans un rapport déterminé avec celled’un corps bien connu, comme le corps de l’homme, par exemple. Des balus-trades établies à hauteur d’appui, des marches d’escalier, des statues degrandeur naturelle, leur ont paru fournir des échelles capables de faireapprécier sainement les dimensions de l’œuvre. Cela est vrai souvent, maispas toujours. Si les dimensions de l’édifice sont restreintes, nul doute quela taille de l’homme ne puisse fournir une unité de mesure convenable:mais il n’en est plus de même dès qu’elles dépassent une certaine limite. Lemodule devient trop petit; il disparaît, pour ainsi dire, en présence des vastessurfaces qui l’encadrent; les balustrades, les statues de grandeur naturellene se découvrent plus à la première vue, et, quand on y fixe son attention,on est tenté de les croire réduites au-dessous des proportions habituelles;elles ne font pas paraître grand, elles semblent petites. 11 faut pour atteindre aubut quelque chose de plus sérieux et de plus fondamental ; c’est sur le fond qu’ilconvient d’agir, et non pas seulement sur quelques détails de la forme. Il fautadopter des dispositions spéciales, en tel rapport avec les dimensions réellesqu’elles en soient en quelque sorte les conséquences nécessaires, et paraissent nepouvoir se concilier avec des dimensions plus fortes ou plus faibles. C’est à ladisposition de l’œuvre qu’il appartient d’annoncer l’échelle. Pour obtenir d’unevaste construction l’effet quelle est susceptible de produire, à raison de sesdimensions, on doit n’admettre d’abord qu’un petit nombre de grandes divi-sions, constitutives, fondamentales; les bien accuser, puis introduire danschacune d’elles d’autres divisions, également peu nombreuses, et établies surdes proportions s’éloignant peu de celles qui se rencontrent habituellementdans des édifices analogues à celui dont on s’occupe. Des premières découlerala grandeur morale, et les secondes feront apprécier la grandeur matérielle;l’impression produite sur le spectateur sera instantanée et complète.