PORTIQUES.
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Lors de l’avénement d'Alexandre VII au trône pontifical, Saint-Pierre deRome venait d’être terminé, après avoir absorbé des sommes considérables;mais ses abords étaient à créer, et il fallait les rendre dignes du monument.Un projet esquissé par Michel-Ange n’était d’aucun secours, parce que l’œuvreprincipale du grand artiste avait éprouvé de telles modifications, qu’il ne pou-vait plus être mis à exécution. Heureusement il y avait à Rome , à cette époque,un architecte de génie, qui, s’il n’avait pu se soustraire entièrement aux at-teintes du goût régnant, n’était jamais tombé cependant dans les aberrationsde ses contemporains, et Alexandre VII eut le bon esprit de s’adresser à lui.
Le Bernin se trouvait en présence de grandes difficultés. Il fallait évidem-ment des portiques; mais comment les rattacher à la lourde et massive façade,que Charles Maderne avait substituée à celle de Michel-Ange ? Comment éviterqu’ils ne paraissent trop grêles et ne fassent ressortir davantage les défauts?Quelles proportions leur attribuer pour qu’ils ne soient pas écrasés par l’im-mense monument, et que cependant ils ne lui disputent point l’importance etn’attirent pas l’attention à ses dépens? Ces questions ont été admirablementrésolues.
Les portiques se développent en arc de cercle, à droite et à gauche de laplace, mais à une certaine distance de la basilique, à laquelle chacun d’eux serattache par une longue galerie fermée qui sert de transition au physique et aumoral; d’une part, elle est de même hauteur et de même ordonnance que lesportiques, et, de l’autre, elle participe de la fermeté de la façade. Elle se relieainsi à ces deux constructions de la manière la plus satisfaisante. Cette dispo-sition est une des plus remarquables que présente l’histoire de l’art. Les pro-portions sont d’ailleurs très-heureusement établies. Ainsi qu’il convenait enpareille position, elles sont considérables, puisque les colonnes n’ont pasmoins de 42 m ,90 de hauteur, et toutefois elles sont modestes comparativementà celles de l’édifice principal, de manière à observer les lois de la hiérarchie.Les portiques sont vastes, la place est immense, et le monument n’est pointamoindri, il s’en faut de beaucoup.
Une circonstance locale, qui eût été un embarras pour d’autres^vintd’ailleurs en aide au Bernin, et lui fournit l’occasion de montrer êoqtfmentle génie sait se jouer des entraves et les plier à son service. L’escalier prin-cipal du Vatican était, et est encore, adossé à la droite de l’église, maiiHIne suit pas une direction normale à celle de la façade; il fait avec cette