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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARGIHTECTÜRE.

dernière un angle de 84° environ. Or il fallait évidemment disposer la galeriede droite de telle sorte qu’elle conduisît dignement au palais. Le Bernin pritle parti de l’établir dans le prolongement de l’escalier, et il donna néces-sairement une position symétrique à celle de gauche. Ces deux galeries nesont donc pas perpendiculaires sur la façade à laquelle elles se relient, etelles se rapprochent l’une de l’autre à mesure qu’elles s’éloignent de ce tronccommun. Mais cette disposition insolite ne se juge pas; il faut être pré-venu de l’obliquité pour la reconnaître, et elle a l’immense avantage de faireapprécier convenablement les dimensions des portiques, par cela mêmequ’elle réduit la distance qui les eût séparés sans cela. Plus éloignés, ilseussent produit moins d’effet; la place eût été plus vaste, mais ils eussentperdu de leur importance.

Une autre difficulté n’a pas été moins habilement surmontée. Dans les por-tiques circulaires, composés de plusieurs rangs de colonnes, l’espacementde ces points d’appui n’est pas le même dans chaque rang; il augmentenécessairement à mesure qu’on s’éloigne du centre. Or faut-il, obéissant àun esprit d’ordre exagéré, donner le même diamètre à toutes ces colonnes,qui sont de même hauteur, ou convient-il de faire varier les diamètres avec lesespacements, de manière à conserver à chaque rang de colonnes le mêmedegré de fermeté, sacrifiant ainsi la régularité du détail à l’harmonie de l’en-semble? Le Bernin ne s’y est pas trompé, et il a maintenu un rapportconstant entre les diamètres et les espacements; les colonnes des quatrerangs sont comprises entre les mêmes tangentes dirigées sur le centre.

Enfin les portiques sont terminés à leurs extrémités par de vigoureusestêtes de murs, décorées de pilastres, et non par des colonnes, ce qui leurdonne le caractère de solidité qu’exigeait la position.

Les colonnes sont d’ordre dorique, sans triglyphes, et l’entablement estcouronné d’une balustrade, dont les piédestaux s’élèvent à l’aplomb de cha-cjine des colonnes du premier rang, et sont surmontés de statues de saints.La''■décoration est riche et éminemment caractéristique.

Sais doute tout n’est pas également digne d’admiration dans l’œuvre duBermji ; on peut regretter que les portiques masquent la façade de l’églisesur lune partie de là place, désirer un goût plus pur dans les détails, etplus d’élégance dans quelques formes; mais il y a une harmonie parfaitedans l’ensemble, et surtout un singulier caractère de grandeur et de puis-