Band 
Deuxième partie.
Seite
136
JPEG-Download
 

136

TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

dimensions horizontales, dépend évidemment de la destination et du carac-tère qu’on a en vue. Une salle très-élevée aura, toutes choses égales d’ail-leurs, un certain cachet de distinction qu’on ne lui trouverait pas ou quiserait moins prononcé si sa hauteur était plus bornée; mais il y a une limitequ’il ne faut pas dépasser, sous peine de tomber dans l’exagération, et d’a-moindrir l’effet que produit le plafond lorsqu’il est convenablement disposéet décoré. Palladio dit, et plusieurs écrivains ont répété après lui, que cettehauteur doit être égale à la largeur de la salle. Cette proportion est en effetfort convenable dans la plupart des circonstances, mais il ne faudrait paslui accorder une valeur absolue; on pourrait citer un grand nombre de sallesdans lesquelles elle n’a pas été observée, et qui sont cependant fort belles.

La disposition du plafond ne contribue pas moins efficacement que lesproportions à la beauté de ces salles. Nous avons donné plusieurs exemplesde plafonds décorés, dans la première partie de cet ouvrage, et nous y ren-voyons le lecteur. Qu’il suffise d’ajouter que les compartiments doivent êtretracés avec d’autant plus de fermeté que la hauteur est plus grande et quele caractère doit être plus monumental.

Le Palais Ducal à Venise, le Palais Vieux à Florence, le palais du Louvre ,le palais de Fontainebleau, l’hôtel de ville de Paris , et plusieurs autres édi-fices renferment des salles plafonnées très-remarquables, et qui sont de pré-cieux témoignages des excellents effets que peut produire cette dispositionlorsqu’elle est convenablement traitée.

Il est une classe de salles plafonnées qui a joué un grand rôle dans la viecivile des Romains, a donné naissance à des édifices d’un haut intérêt, etoccupe une place importante dans l’histoire de l’art : nous voulons parler desbasiliques, et nous croyons devoir entrer dans quelques détails à leur sujet.

Les basiliques publiques des Grecs et des Romains étaient de vastes sallesdans lesquelles se rendait la justice, se traitaient les affaires commercialeset se tenaient les assemblées ; des jurisconsultes y donnaient leurs avis, et desrhéteurs ou des poètes venaient parfois y déclamer leurs œuvres. Leur nom,composé des mots fixaàevt et signifie maison royale, et provient proba-blement de ce que, dans l’origine, elles étaient placées dans les palais desrois, qui venaient y exercer l’un des plus augustes privilèges de la souve-raineté. Le nom de l’édifice entier aura été donné à celle de ses parties quiavait le plus d’importance aux yeux des peuples. L’usage d’avoir des basi-