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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
action réelle sur la beauté de l'édifice, et qui a même le mérite de rappelerque les constructions ont été successives et se sont développées avec la puis-sance du pays, on scindait une admirable agglomération de travaux, on renon-çait à toute longue perspective, on mettait le mesquin où le grand ressortaitnaturellement des données du sujet. Jamais on n'avait songé à sacrifier autantà la manie de la régularité.
Le vice de ces conceptions n’échappait point, il est vrai, à quelques espritsdistingués, et elles étaient repoussées par eux; mais c’était pour tomberdans un autre excès. Ils voulaient se borner à prolonger l’aile du nord, alorsinachevée, jusqu’à sa rencontre avec le Louvre, et ils n’admettaient pas davan-tage. La cour devait être de même largeur ou à peu près sur toute sa longueur.Mieux valait sans doute cette solution qu’aucune des précédentes; mais eût-elleproduit tout l’effet qu’en attendaient ses partisans? il est permis d’en douter.Ce qui nous frappe, en effet, dans une place publique, c’est moins sonétendue que l’importance et la beauté des constructions qui l’entourent.Que les dimensions de la place l’emportent outre mesure sur celles des con-structions ; ce ne sont point les premières qui paraîtront grandes, ce sontles secondes qui sembleront petites. Il est un certain rapport entre la hauteurdes édifices et la distance qui les sépare, lequel correspond à un maximumd’effet; tenez-vous au-dessus ou au-dessous, et l’impression produite serad’autant moins satisfaisante que l’écart aura été plus considérable. Le grand,en matière d’art, tient plus encore aux proportions qu’aux dimensions réelles.Réduite aux bâtiments qui en forment le périmètre extérieur, la cour du Car-rousel n’eût probablement pas excité l’admiration qu’elle obtient; c’eût été ungrand vide au milieu de la ville, mais non pas une grande chose, et il y eût euen outre beaucoup de sécheresse dans les longues lignes droites continues desa vaste enceinte.
Il fallait donc permettre à la vue de se porter d’un palais à l’autre, et d’em-brasser d’un seul coup d’œil, sinon la totalité, du moins la majeure partiede ces immenses constructions, et, en même temps, rapprocher assez lesbâtiments, en quelques points, pour qu’ils pussent être appréciés à leur justevaleur, et concourir efficacement au but qu’on devait poursuivre. Or il a étépleinement satisfait à ces conditions fondamentales, et dans une très-justemesure, à notre avis. Les ailes nouvelles, marquées en gris sur le plan, sonttrès-convenablement espacées, font valoir les dimensions du monument, et