JARDINS.
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lui donnent un caractère de grandeur qu’il n’eût point eu sans elles (1). Ondoit se féliciter de ce que cette vaste entreprise, projetée depuis si long-temps, ait été réservée à notre époque; car aucune des dispositions généralesimaginées jusqu’alors n’était satisfaisante.
II. JARDINS.
L’antiquité, si supérieure aux temps modernes dans toutes les branchesde l’art, leur est très-inférieure en ce qui concerne la composition des jardins.
La riche imagination d’IIomère n’a pu faire des jardins d’Alcinoüs qu’unfort médiocre verger; tandis qu’elle prodiguait au palais toutes les magnifi-cences de l’art, elle ne trouvait pour le jardin que des légumes, des vigneset des arbres fruitiers.
Les jardins suspendus de Babylone, cette merveille tant célébrée, ne devaientconsister qu’en terrasses assez étroites, brûlées par le soleil, et où les maçon-neries jouaient un plus grand rôle que la végétation.
Enfin, les jardins des Romains, de ces maîtres du monde, qui ne trou-vaient rien de trop dispendieux, dont les splendides palais couvraient d’im-menses surfaces, devaient être peu séduisants, à en juger par les descriptionsqui sont venues jusqu’à nous. Celle que Pline nous a laissée du jardin de savilla de Toscane est fort curieuse, et prouve qu’il remonte haut le mauvaisgoût tant reproché à nos jardins des xvi e et xvn e siècles. De quoi parle-t-elleavec admiration? d’allées régulières bordées de buis, et d’arbres fruitiersalternant avec des arbustes taillés en forme de bornes ; de plantes et de buisfaçonnés de manière à représenter des animaux et autres objets, ou à fairelire les noms du propriétaire et des jardiniers; de jets d’eau, de petites cas-cades et de bassins de marbre blanc (2). Quoi de plus agréable, dit Quintilien ,qu’un quinconce, qui est droit et aligné de quelque côté qu’on le regarde?
(1) Peut être n’est-il pas inutile de prévenir que cette opinion n’est pas nouvelle chez l’auteur ; il l’aprofessée,. pour la première fois, dans son Cours à l’École Polytechnique , il y a plus de quinze ans, c’est-à-dire bien avant qu’il fût sérieusement question de reprendre les travaux, et qu’on eût présenté leprojet qui a fort heureusement prévalu.
(2) Voyez cette description, dans le chapitre qui traite des maisons de campagne.