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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

formes élégantes, et il n’en faut pas davantage quelquefois. Mais il est unefoule de circonstances où ce n’est point suffisant, et où il convient de s’adresserà un art plus libre en ses allures, et surtout susceptible d’expressions plusvariées et plus précises. C’est à la sculpture qu’il appartient alors d’inter-venir : ses statues, ses figures allégoriques, ses représentations de plantes oud’animaux, exprimeront une pensée ou réveilleront un souvenir poétique,et viendront animer et embellir la composition, en s’associant au mouve-ment des eaux.

Tel paraît avoir été le sentiment de l’antiquité en fait de fontaines. Tan-dis que quelques-unes consistaient en grottes plus ou moins profondes,ou en niches d’où l’eau s’échappait de la bouche d’un mascaron pour tomberdans une urne, il en était un grand nombre dans lesquelles la sculpturefaisait presque tous les frais du monument.

Pausanias cite, parmi les plus remarquables de Corinthe , qui était richeaussi par ses eaux, celle de Bellérophon, où le cheval Pégase faisait jaillirune source abondante en frappant la terre du pied. La charmante statuetteantique bien connue, l’Enfant à l’Oie, décorait une fontaine; l’eau sortait parle bec de l’oiseau. Les statues colossales du Nil et du Tibre , le Ganymèdede Phoedimus, le groupe du Faune et du Satyre de la villa Borghèse, etplusieurs figures de Silène, de Fleuves, de Nymphes , qu’on admire dans lemusée du Vatican , appartenaient également à des fontaines. La mythologie,dont les poétiques créations avaient si bien su animer et personnifier lanature entière, venait en aide aux artistes, et leur fournissait les motifs decomposition les plus heureux et les plus variés. Encore aujourd’hui, nousl’invoquons souvent, si étrangère qu’elle nous soit devenue. L’art lui a étéplus fidèle que les croyances; et Neptune, Àmphitrite, les Tritons, lesNaïades, les Fleuves appuyés sur leurs urnes, se retrouvent dans plusieursfontaines modernes, et n’y semblent point déplacés.

Mais nous ne nous jugeons pas condamnés à ne point sortir de cet ordred’idées; nous savons employer des figures d’hommes ou d’animaux à la décora-tion de nos fontaines, sans nous croire obligés de les rattacher à la fable. Lestraits historiques, les allégories, la fantaisie ne nous font point défaut; la difficultén’est pas de trouver un sujet, mais de le bien choisir et de le bien traiter.

Il faut que la composition soit en harmonie avec le volume et la hauteurdes eaux, et aussi avec le milieu dans lequel la fontaine doit être placée.