ÉGLISES.
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si écourtée qu’elle soit, des dispositions spéciales, appropriées avec une grandeintelligence aux usages de l’époque et à la rigueur du climat.
Notre-Dame d’Aix-la-Chapelle . La célèbre basilique de la même ville, dontla majeure partie subsiste encore, n’est même pas copiée sur celles de Rome,et, s’il fallait lui chercher un modèle, c’est à Saint-Vital qu’on le trou-verait. Charlemagne avait confié cette construction à des artistes appelésd’Italie, probablement de Ravenne , qui était alors le centre du mouve-ment de l’art en Occident, et il avait fait venir, de cette ville et de Rome ,les colonnes de marbre et les mosaïques qui devaient décorer un édificeauquel il attachait la plus haute importance.
Ce précieux monument consiste en un vaisseau de forme octogonale,qu’entourent deux galeries superposées. L’une et l’autre sont ouvertes sur levaisseau par huit arcades reposant sur des pieds-droits, mais les arcades del’ordre supérieur, beaucoup plus hautes que celles du rez-de-chaussée, sontdivisées en deux parties sur la hauteur, et en trois sur la largeur par deuxrangs superposés de colonnes. Les colonnes du premier rang sont réuniespar de petits arcs, et celles du second s’élèvent presque jusqu’au sommetde l’arcade, dont leurs architraves semblent soutenir l’intrados. Au-dessusdes galeries, sont ouvertes des fenêtres en arcades au nombre de huit. Levaisseau est surmonté d’une voûte en arc de cloître à base octogonale. Lagalerie du rez-de-chaussée est couverte par des voûtes d’arête établies surplan carré, qui sont séparées par d’autres voûtes résultant également del’intersection de voûtes en berceau, mais dont le plan est triangulaire, etqui ont pour axes les rayons passant par les sommets de l’octogone. Cettedisposition a conduit à donner au mur d’enceinte de la galerie un nombrede côtés double de celui du vaisseau.
Toutes les voûtes de l’édifice sont en plein cintre, et les profils appar-tiennent à l’architecture romaine.
On voit que la disposition générale rappelle beaucoup celle de Saint-Vital.La principale différence consiste dans la suppression des grandes niches,d’origine byzantine, qui jouent un rôle important dans l’architecture decette dernière église, et ne se trouvent pas à Aix . Doit-on l’attribuer auxdifficultés de l’exécution, ou y voir un témoignage de la prédilection deshommes du Nord pour les formes simples et rationnelles?
Éginhard dit que cette basilique était décorée d’or, d’argent et de mar-