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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
bres précieux, et renfermait des grilles, des candélabres et des portes debronze.
Un monument très-intéressant pour l’histoire de l’art, et qui paraitremonter à la même époque que celui d’Aix-la-Chapelle , est le porche,encore subsistant, de l’église de l’abbaye de Lorsch , dans le grand-duchéde Hesse. Il montre à quel degré de corruption était arrivée l’architectureromaine. Il se compose d’un rez-de-chaussée surmonté d’un étage. Le rez-de-chaussée est ouvert, sur deux faces opposées, par trois arcades en pleincintre dont les pieds-droits sont décorés d’un grossier composite. L’étage estorné de pilastres à peu près de même ordonnance, au nombre de trois pararcade, qui sont réunis, non par des arcs, mais par des triangles équilatérauxdont la base a été supprimée. Quelques petites fenêtres en plein cintre sontouvertes entre ces singulières arcades.
On connaît d’ailleurs d’autres exemples de ces arcs triangulaires, aux-quels a pu donner naissance la forme des frontons ou celle de pierresinclinées en sens inverse, et s’appuyant l’une contre l’autre. On en voitdans l’ancien baptistère de Poitiers , qui paraît être antérieur à l’abbayede Lorsch , et dans plusieurs constructions du moyen âge, surtout en An-gleterre.
Saint-Remy de Reims. L’église de Saint-Remy, à Reims , peut donner uneidée plus complète de l’architecture, non plus sous Charlemagne , mais sousses successeurs ; car elle date du x e siècle. Elle a été reconstruite en partie, eta reçu de nouvelles formes décoratives au xn° siècle; mais les adjonctionsse reconnaissent aisément, et l’on peut retrouver ses dispositions primitivesquand on la dépouille de tout ce qui leur est étranger.
C’était une des plus importantes églises de l’époque. Elle se composaitd’une grande nef avec bas côtés, d’un transsept bien accusé, et d’un chœurbeaucoup plus développé que ceux des basiliques romaines, et accompagnéde trois petites absides. Le transsept et le chœur étaient entourés d’uncollatéral. Une galerie régnait au-dessus des bas côtés.
Des pieds-droits cylindriques, entourés de colonnes engagées, séparaientla nef de ses collatéraux, et étaient réunis par des arcs en plein cintre. Au-dessus de ces points d’appui, des piliers de forme rectangulaire recevaientles retombées des arcades delà galerie supérieure; ils étaient décorés d’im-postes. Chacune de ces arcades en contenait deux autres qui reposaient sur