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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
remplacées par des arcs transversaux en maçonnerie, comme il se voit danscelle de Sainte-Praxède, à Rome , et’où des voûtes en berceau appuyéessur ces arcs auraient été substituées au plafond ou aux pannes et che-vrons de la toiture. Elle n’était pas difficile à imaginer, et rien n’empêched’accorder le mérite de l’invention aux architectes de l’époque. Peut-êtrecependant a-t-elle été empruntée à l’architecture arabe, qui présente quel-que chose d’analogue dans la mosquée de Cordoue , mais avec un tout autrecaractère.
On peut citer encore, parmi les églises voûtées en totalité ou en partie quisont antérieures à la fin du x e siècle, et se sont conservées jusqu’à nos jours,celles de Germigny (Loiret) et de Yignory (Haute-Marne ). Elles présentent desvoûtes en berceau sur les nefs et des voûtes sphériques sur les absides, maispoint de voûtes d’arête, et leurs voûtes sont de très-faible ouverture.
Le besoin de voûter les églises, afin de prévenir le retour d’incendiesqui paraissent avoir été très-fréquents, devait préoccuper les architectes;mais il est probable que quelques mécomptes les avaient rendus très-craintifs.
S’il était permis de prononcer sur l’état de l’architecture dans notre payspendant les ix e et x e siècles, d’après le petit nombre d’édifices de cetteépoque parvenus jusqu’à nous, on dirait que l’art était arrivé à cettehonteuse barbarie qui suit la décadence, sans annoncer encore la réno-vation. Les traditions romaines étaient tombées en oubli, sauf peut-être surquelques points privilégiés, et les enseignements des Byzantins et des Lom-bards ne s’étaient pas encore fait entendre. Les colonnes étaient courtes,les chapiteaux lourds, les sculptures grossières, les matériaux de petitesdimensions et mal travaillés, l’architecture, en un mot, était plongée, commele pays, dans le chaos qui a régné entre la renaissance tentée par le géniede Charlemagne et la constitution du gouvernement féodal.
Mais, dès le début du XI e siècle, une véritable révolution se produit dansl’art de bâtir, et de nombreuses églises s’élèvent de tous côtés. On sait quel’an 1000 était attendu avec une profonde terreur; que, dans les croyancespopulaires, il devait marquer la fin des temps et le jugement universel.« Au bout de mille ans, avait dit saint Jean, Satan sortira de sa prison...Le livre de la vie sera ouvert; la mer rendra ses morts; l’abîme infernalrendra ses morts; chacun sera jugé selon ses œuvres par Celui qui est