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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
Nous citerons, parmi ces églises, celle de Saint-Étienne, à Périgueux , quin’est postérieure à Saint-Front que de quelques années, et qui consistaitprobablement en une seule nef formée de trois coupoles, dont deux, maisl’une reconstruite, subsistent encore; la cathédrale de Cahors , nef à deuxcoupoles; l’abbaye de Souillac, en forme de croix latine, avec deux cou-poles dans la nef, et une autre à l’intersection des branches de la croix; lesabbayes de Solignac et de Fontevrault; enfin, la cathédrale d’Angoulême ,l’un des plus intéressants spécimens de ce que cette architecture importée estdevenue entre les mains des artistes français . Nous nous arrêterons quelquesinstants sur ce dernier édifice, dont le plan, les coupes, l’élévation et quel-ques détails décoratifs sont donnés par les planches 54, 32 et 33 (4).
Cathédrale d’Angoulême . La majeure partie de la construction date du com-mencement du xii e siècle (4420). C’est à cette époque que le monument,gravement altéré depuis en quelques points, a reçu la forme sous laquelleil nous est donné de le faire revivre; mais la partie inférieure de sa façadeoccidentale (pl. 53, fig. 4) et la première coupole tout entière semblentappartenir à un édifice antérieur, qui fut consacré, en 4047, par l’évêqueGrimoald . 11 est à remarquer, en effet, que les colonnes de l’arcature supé-rieure de la façade sont plantées très-irrégulièrement par rapport à cellesdu rez-de-chaussée, qui sont disposées avec beaucoup d’ordre; que l’orne-mentation n’est plus la même; que des gargouilles, encore subsistantes surles faces latérales, immédiatement au-dessus de la première arcature, nepeuvent s’expliquer qu’en admettant l’existence antérieure d’une toiturevenant verser ses eaux à cette hauteur; enfin, que les piliers de la premièrecoupole à l’intérieur, ainsi que l’arcature figurée comprise entre eux, sontévidemment plus anciens que les autres, dont ils se distinguent par une sim-plicité voisine de la rudesse.
L’édifice a la forme d’une croix latine très-allongée. Trois coupoles surpendentifs couvrent le pied de la croix. Les piliers qui séparent la pre-
(I) Ces planches ont été exécutées d’après les dessins qu’a bien voulu nous communiquer l’habilearchitecte chargé de la restauration de ce monument, M. Abadie. La figure 1, planche 31, donne le plande l’édifice; les figures 2 et 3 delà même planche représentent respectivement la moitié d’une coupeprise suivant l’axe du transsept et la moitié d’une coupe transversale de la nef; la planche 32 est occupéepar la coupe longitudinale; la planche 33 donne l’élévation principale (fig. 1), l’élévation de l’abside(fig. 2), et divers détails de décoration intérieure.