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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
tants, placés en arrière de chacun des pieds-droits, qui remplissent cet impor-tant office. Une demi-voûte en berceau couvre la galerie supérieure dansleurs intervalles, sans que son action contre le mur de la nef soit à redouter;car, n’ayant pour but que de clore, elle est de très-faible épaisseur.
La façade principale est très-simplement traitée : au rez-de-chaussée troisportes; au-dessus deux rangs de fenêtres, en plein cintre comme les portes;puis le pignon de la grande nef, compris entre deux clochers très-élevés,de forme élégante, que couronnent des flèches élancées et très-remarquables,mais qui appartiennent à une époque postérieure.
L’architecture de l’Àbbaye-aux-Hommes , de même que celle de Saint-George de Bocherville et de l’Abbaye-aux-Dames, est ferme et monumen-tale, et la décoration y est simple et énergique. On remarquera surtout queles proportions y sont plus élancées que dans les édifices antérieurs; c’est untrait particulier à l’architecture du Nord, et sur lequel nous reviendrons.
De nombreuses basiliques voûtées s’élevaient, à la même époque, danstoutes les parties de la France qui n’avaient point été envahies par les dispo-sitions byzantines, et il en était de même en Allemagne , sur les bords duRhin, en Italie, et en Angleterre où les Normands venaient de s’établir enmaîtres.
Sur les bords du Rhin , ce sont des voûtes d’arête qui couvrent les nefs,comme dans les églises de Saint-Martin de Cologne et de l’abbaye de Laach,dont les plans sont représentés par les figures 5 et 4 de la planche 30.
On y trouve aussi des voûtes sur pendentifs, non-seulement à l’intersectiondes branches de la croix, mais encore au-dessus des grandes nefs, ainsi quel’église de Saint-Géréon, à Cologne , en fournit un exemple. L’architecture dece pays tient à la fois du byzantin et du lombard, dans ses dispositionsgénérales ainsi que dans ses détails. Plus riche et plus savante que celle dela Normandie , elle témoigne d’une plus longue élaboration et de plus d’am-pleur dans les conceptions. Elle est surtout remarquable par le développementet le beau caractère qu’elle a su donner aux clochers et aux absides.
En Auvergne , on paraît avoir reculé devant les difficultés que présentaitl’application des voûtes d’arête à la couverture des grandes nefs, et l’on aeu recours à des voûtes en berceau, dont les poussées sont maintenues, commecelles des voûtes normandes, par les demi-voûtes, également en berceau,des galeries établies au-dessus des bas côtés. Les colonnes sont appliquées