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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

Les archivoltes, surtout celles des porches, sont puissantes, fortementaccentuées et richement décorées. Leurs ornements sont extrêmement variés;ils consistent en treillis, en palmettes, en entrelacs, en méandres, en losanges,en grecques, en étoiles, en perles, en fleurs, en torsades, en zigzags diverse-ment combinés, etc.; elles se couvrent quelquefois de figures debout, assisesou à genoux. Ces sculptures sont presque toujours combinées avec les claveaux,de telle sorte que les joints des pierres n’en coupent point les lignes, etqu’elles pouvaient être exécutées avant la pose. Les corniches sont simples,peu saillantes, et consistent habituellement en larmiers, que supportentdes modifions, tantôt dépourvus d’ornements, tantôt décorés de têtes, defeuilles, de pointes de diamants, etc. Quelques corniches sont soutenuespar une série de petits arcs demi-circulaires, dont les extrémités reposentsur des consoles ou sont terminées carrément. Ces arcs se raccordent avecdes pilastres sans chapiteaux placés dans les angles de l’édifice, et quel-quefois avec d’autres pilastres distribués entre les premiers, ou avec descolonnettes engagées.

Les ornements ne se bornent pas aux membres d’architecture qui semblenten exiger, tant ils sont habitués à en recevoir; le goût régnant les multi-plie et les glisse partout. Ils couvrent parfois les tympans des arcades,comme dans la cathédrale de Bayeux , ou enveloppent les fûts de colonnes,les pilastres, les jambages des portes, comme dans les porches de la cathé-drale de Bourges, de celle du Puy, de l’abbaye de Saint-Denis , de Sainte-Croix de Bordeaux . Cette exubérance se manifeste plus tôt dans la sculpturedu Midi que dans celle du Nord; cette dernière est plus simple et n’est passans quelque rudesse. Il en est de l’art comme de la langue; ce n’est guèrequ’au xn e siècle qu’ils s’assouplissent l’un et l’autre dans le Nord, et sem-blent se préparer à leurs destinées.

Un ornement caractéristique de l’époque est une série de petits arcsappliqués sur l’intrados des arcades, qu’ils découpent élégamment : ce sontdes lobes , forme probablement empruntée aux Arabes , qui en ont laissé demémorables exemples dans la mosquée de Cordoue , ainsi que nous l’avonsdéjà dit.

Enfin les figures sculptées ou peintes sur les monuments dont il s’agitsortent complètement des formes de l’art romain. Les attitudes sont roides,les visages allongés, les physionomies calmes et fines, les vêtements richement