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Deuxième partie.
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ÉGLISES.

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les cathédrales, modestes édifices jusqu’alors, l’emportent sur les plus richesabbayes, et les populations répondent à leur appel avec une ardeur prodi-gieuse, avec un véritable enthousiasme. Les ressources abondent. Tous lesefforts semblent se diriger vers le même but. La construction d’immensescathédrales devient la grande affaire de l’époque, et l’on voit s’élever, danstous les diocèses du domaine royal, des édifices d’une étendue et d’uneimportance inconnues depuis bien des siècles. Les magnifiques cathédralesde Noyon, de Paris, de Bourges, de Laon, de Soissons, de Chartres, de Reims ,d’Amiens, de Beauvais, du Mans, de Rouen, de Coutances, d’Angers , deTours et tant d’autres encore remontent à la seconde moitié du xn e siècleou aux premières années du siècle suivant. Elles sont confiées à des archi-tectes laïques, et non à des clercs; et, laissant l’ancienne architecture auxabbayes, elles inaugurent la nouvelle de la manière la plus éclatante (1).

L’esprit qui préside à cette rénovation de l’art est celui qui se marque à lamême époque dans toutes les branches des connaissances humaines. C’estun esprit investigateur, ardent aux découvertes, subtil au plus haut degré,plein de hardiesses; mais portant sur les détails plutôt que sur l’ensemble,et bornant son ambition à étayer sur de nouvelles bases, à revêtir de nou-velles formes ce qui a été consacré par les siècles antérieurs.

La disposition d’une cathédrale, si vaste qu’elle soit, est celle d’une basi-lique, telle qu’elle avait été comprise dans l’époque précédente. Une longuenef de largeur assez restreinte et de grande hauteur, qu’accompagnent desbas côtés; presque toujours un transsept, marquant la forme de la croix; unchœur plus ou moins développé; une galerie haute au-dessus des bas côtésou tout au moins un triforium ; des voûtes d’arête sur plan carré pour couvrirles bas côtés, et mêmes voûtes pour la nef, mais sur plan barlong, après avoirété établies d’abord sur plan carré avec cloison médiane, comme dans les deuxabbayes de Caen ; fenêtres éclairant la nef à sa partie supérieure ; colonnesélancées, engagées dans les pieds-droits, et s’élevant depuis le niveau dusol jusqu’à la retombée des voûtes : toutes ces choses se retrouvent dans les

(1) La foi religieuse entre assurément pour beaucoup dans cet élan, mais de même qu’elle n’avait pule produire dans le passé, elle n’y eût pas suffi alors, si un autre et puissant mobile n’était venu s’yjoindre.

Consultez, pour plus de développements, le Dictionnaire de l’architecture française du xi c au xvi e siècle,par M. Viollet-le-Duc, ouvrage dans lequel le mouvement dont il s’agit est parfaitement exposé,it. 36