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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

témoignait de trop d’indépendance, tout en se rattachant aux architecturesantérieures, pour qu’il soit permis de méconnaître le développement dont ilétait susceptible. Ses imperfections tiennent aux mains qui l’ont mis enœuvre et non à ses principes.

STYLE OGIVAL.

Mais au moment où l’architecture romane venait d’élever ses plus impor-tantes constructions, et où, dégagée des incertitudes du début, elle parais-sait appelée à faire de rapides progrès, un mouvement considérable s’étaitproduit dans les esprits, et appelait une rénovation de l’art. Au commen-cement du xii e siècle, toute l’organisation sociale semble mise en question;on dirait que les pouvoirs vont se déplacer. En même temps que les com-munes se constituent, les connaissances humaines sortent des cloîtres quiles avaient abritées pendant de longs siècles de barbarie, se répandent audehors, et invitent à secouer le joug des traditions étroites. La philosophiese réveille, et se dresse en face de la théologie; la scolastique se constitue,et passionne étrangement tous les esprits; une littérature à la portée duvulgaire se crée à côté de la littérature savante; enfin l’architecture cher-che, essaye timidement d’abord, et inaugure bientôt des formes sans pré-cédents. C’est au nord de la Loire, dans le domaine royal dont Paris estle centre, que les esprits se lancent avec le plus d’ardeur dans la voiequi leur est ouverte, et c’est là que l’architecture, cette profonde expres-sion de la vie des sociétés, vient se renouveler.

Elle n’est plus dirigée par le clergé régulier, comme par le passé. C’estaux laïques désormais que ce soin est dévolu, et ils trouvent des appuis,non-seulement dans les nouvelles tendances, mais encore dans l’épiscopat,qui leur vient en aide, de même que le pouvoir royal favorisait, dans unecertaine mesure, l’établissement des communes. La féodalité est l’ennemicommun; le roi s’efforce de l’amoindrir dans l’ordre civil, l’évêque lacombat dans l’ordre religieux, et le peuple, qui a l’instinct de ses intérêts,se range résolûment de leur côté; il prend large part à la lutte qui est engagée,à la fois, contre la féodalité des moines et contre celle des seigneurs. Lesévêques veulent des témoignages sensibles de leur puissance, ils veulent que