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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

Les dissemblances se marquent mieux encore/ quand on compare lescoupes des deux édifices. On est frappé immédiatement de la différence descaractères. Les proportions de l’édifice roman paraissent lourdes et mas-sives, à côté de celles de la nouvelle construction, et cependant elles étaienttrès-élancées comparativement à celles des architectures antérieures. Voyezla hauteur des nefs : elle n’atteint à deux fois la largeur, ni dans la basi-lique romaine de Constantin (pl. 45), ni dans les basiliques chrétiennes deSainte-Agnès, de Saint-Paul et de Saint-Clément (pl. 49, 24 et 22), ni dansles constructions byzantines de Sainte-Sophie , de Saint-Marc et d’Angou-lême (pl. 24, 29 et 54), ni dans l’église lombarde de Saint-Michel de Pavie (pl. 54); elle s’élève à plus de deux fois et demie à l’Abhaye-aux-Hommes;à Amiens , elle va à près de trois fois et demie. Il en est de même pour leshauteurs comparatives des arcades qui séparent la nef des bas côtés. A Saint-Michel, cette hauteur est d’environ une fois et demie la largeur; à l’Abbaye-aux-Hommes, elle atteint à deux fois; dans la cathédrale d’Amiens , elle est deplus de trois fois. 11 en est ainsi encore pour les colonnes, et la progres-sion y est même plus rapide. Prenez les colonnes principales, celles quireçoivent les retombées des voûtes de la grande nef : elles ont dix diamè-tres en hauteur dans les constructions romaines des Thermes et de la basi-lique de Constantin, dix-sept dans l’église lombarde, trente-trois dans l’égliseromane, et le double, soixante-six, dans la cathédrale d’Amiens . Le besoindes formes élancées est tellement prononcé dans l’architecture ogivale, qu’ilfait accepter les dispositions les moins rationnelles. Les arcades du triforium,par exemple, ne pouvaient avoir autant de hauteur comparative que cellesdes bas côtés; quoiqu’elles fussent moitié moins larges, elles ne comptaientque deux fois cette largeur en hauteur, et cela ne suffisait point. Remédierà ce défaut, en abaissant un peu les arcades inférieures, était chose facile;mais on a adopté un tout autre parti, conduisant mieux au but qu’on se pro-posait. Chacune de ces ouvertures du triforium, bien quelle n’ait que troismètres de largeur, a été divisée en trois parties égales par deux frêles colon-nettes, et en a formé trois autres extrêmement étroites et par suite tres-sveltes,ayant près de cinq fois la largeur en hauteur. Ces subdivisions n’ont aucuneutilité matérielle, créent des embarras aux personnes placées sous la galerie,donnent de la maigreur à l’architecture, peu importe elles contribuentefficacement au caractère, et donnent satisfaction h l’idéal de l’époque.