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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

l’art ogival, et ce caractère est vrai, car il tient plus encore au fond qu’auxapparences : la suppression des galeries latérales, la disposition des voûtes, lahauteur modérée de la nef, toutes ces choses importent évidemment en effet àla solidité de la construction.

Ajoutons cependant que le style ne convient pas parfaitement à la forme; quela maigreur des détails contraste d’une manière peu satisfaisante avec l’ampleurde la disposition générale ; et que, sous le rapport de l’harmonie, cet édifice nesaurait être comparé à aucun des deux types auxquels il peut se rattacher parquelques points, ni à la cathédrale d’Angoulême, ni à celle d’Amiens , qui,dans des styles divers, sont empreintes l’une et l’autre d’une profonde unité.

La rapidité avec laquelle le nouvel art se propageait doit être attribuéeà deux causes : d’abord à l’état des esprits, qui aspiraient vivement aux amé-liorations; puis à une organisation particulière, à celle de la franc-maçon-nerie. Des corporations d’ouvriers étaient instituées depuis longtemps déjà,quelques-unes sédentaires, d’autres nomades, et avaient largement contribuéaux progrès qui s’étaient accomplis dans l’art des constructions avant l’avé-nement de l’architecture ogivale. Mais, à partir de cette époque, un champplus vaste leur fut ouvert, et elles prirent plus grande importance parcequ’elles étaient devenues plus nécessaires. Elles avaient travaillé jusqu’alorssous la direction du pouvoir monacal, obéissant à ses inspirations, exécu-tant les plans qui leur étaient imposés. Les architectes laïques, qui en sor-tent probablement, les émancipent, les associent à leurs efforts, et y trou-vent un précieux point d’appui. Deux confréries d’artistes et d’ouvriers sonten présence : l’une, dans les cloîtres, vigoureusement constituée, riche deses traditions, et voulant les maintenir; l’autre, au dehors, jeune, péné-trée de l’esprit du temps, ardente aux innovations, pleine de foi dans l’avenir.Dans celle-ci, les travaux sont incessants; on cherche toujours; il y a uneémulation prodigieuse; on creuse les questions d’architecture comme onfait ailleurs pour la métaphysique; rien de ce qui se produit n’est perdu,les erreurs sont signalées, et les heureuses inventions sont rapidement por-tées à la connaissance de tous. Chefs et ouvriers sont animés d une mêmepensée, portent le même dévouement à l’œuvre commune. La victoire nepouvait être douteuse. Mais si cette organisation a été favorable à l’élabo-ration et au développement de l’art, il est probable qu’elle a contribué effi-cacement à sa rapide décadence. Elle avait en effet pour conséquence iné-