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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

dans la pensée. Un frêle réseau remplace les traits plus ou moins énergiquesqui avaient marqué jusqu’alors l’ossature des constructions. Tanquam araneatexens telam, a dit le chancelier Bacon en parlant des scolastiques de la der-nière période, et l’on en peut dire autant des architectes formés à leur école.

Si la décadence a été rapide et plus complète qu’à aucune des plus tristesépoques de l’art, c’est que le point de départ était erroné. Le xv e sièclen’a fait que tirer les conséquences du principe posé au xm e ; il a été unesorte de démonstration par l’absurde.

L’architecture ogivale a manqué aux conditions fondamentales de l’art, *en méconnaissant les lois de la Création, en voulant nier les droits de lamatière. Ce n’est point, comme on le prétendait il y a quelques années,par ignorance, par barbarie qu’elle a péché, c’est par excès de spiritua-lisme; elle est plus étudiée, plus fine dans ses intentions que les architec-tures antérieures; mais elle a dédaigné le réel, et elle s’est perdue faute dece solide appui, de ce guide salutaire. Après n’avoir admis que des formesrationnelles, alors qu’elle était maintenue par l’esprit qui régissait l’archi-tecture romane, elle a recherché avec ardeur, et a accepté toutes cellesqui lui paraissaient de nature à répondre à son idéal. Qu’elles fussentfavorables à la stabilité, convenables à la nature des matériaux, conformesaux conditions d’existence de l’édifice : ces qualités lui importaient peu; saconception du beau était en dehors d’elles, était même en opposition avec elles.

Ainsi, les voûtes en ogive exercent moins de poussée que les autres, etpermettent par conséquent de réduire la section des points d’appui; celane lui suffit pas : elle veut des supports encore plus élancés, et elle a recoursà des arcs-boutants pour transmettre au dehors toute action horizontale.Déjà sans doute une disposition analogue avait été adoptée dans les archi-tectures antérieures; mais ces arcs étaient couverts par la toiture des bascôtés, ou étaient si peu évidés, comme ceux de la basilique de Constantinet de Sainte-Marie du Capitole, qu’ils ne constituaient guère que des con-tre-forts. Elle les dégage complètement, les élève jusqu’au point où ils doi-vent être le plus efficaces, et les traite avec une légèreté et une hardiessejusqu’alors inconnues. Or si le système est ingénieux, il n’est pas cepen-dant de ceux qu’accepte une saine théorie de l’art. Quand une voûte estmaintenue par des culées stables, il est facile de lui assurer cet excès desolidité qui est indispensable à la durée de la construction, et il n’est pas