ÉGLISES.
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à exercer une puissante action sur notre esprit, puisque les dimensionsréelles d’une construction sont un élément de beauté, il n’y a pas mérite,il y a évidemment défaut à ne pas tirer parti de ces choses, à ne pas lesmettre en évidence, quand elles existent. L’erreur commise à Saint-Pierreprovient de l’exagération d’une qualité : de ce que tout y a été grandementconçu, et grandement traité. Sans doute il faut concevoir avec ampleur, ilfaut que les parties se tiennent en harmonie avec l’ensemble, que dans unimmense monument les divisions principales soient établies sur une vasteéchelle ; mais, dans ces divisions, on peut subdiviser, et introduire des formesqui rentrent dans les dimensions auxquelles nous sommes habitués, et viennentdonner le sentiment de la grandeur matérielle. C’est ce qu’on a fait à Sainte-Sophie de Constantinople , aussi bien que dans la basilique de Constantin àRome (ü), et ce qui a été négligé à Saint-Pierre. Là tout est énorme, etles subdivisions manquent, surtout dans la nef; et ce ne sont pas seulementles membres d’architecture qui ont reçu ces proportions colossales, maisencore les statues, les peintures et tous les motifs de décoration.
Mais ce défaut est largement compensé, et si la première impression estpeu favorable, elle est de courte durée. On ne tarde pas à éprouver le senti-ment de la grandeur morale qui domine dans la composition. On est saisid’une profonde admiration, dès qu’on arrive à apprécier les formes impo-santes du monument, et à reconnaître les richesses et les innombrablesœuvres d’art qui les accompagnent. Les sculptures, les sarcophages, lesmosaïques, les bronzes, les marbres, les précieuses colonnes, toutes ceschoses exercent successivement leur action; et bientôt on se sent placé dansun milieu dont rien encore n’avait pu donner l’idée. On s incline respectueu-sement alors devant cette toute-puissante majesté, dont on n’avait pas étéfrappé immédiatement. On reconnaît le temple de Yomnipolens œterne Deus,le chant solennel, le monumental hosanna in excelsis , du catholicisme triom-phant. On se dit que jamais plus puissante organisation ne s’est résumée en unplus digne monument.
Est-ce à dire que Saint-Pierre n’ait d’autre défaut que celui dont on vientde parler? non assurément, et ce serait manquer à notre mission que ne pas
(1) Voyez les planches 13, 2 h et 25 et les pages 62 et suivantes.