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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
et de nombreuses mosaïques exécutées dans le cours du xvm e siècle, a duréplus d’un siècle et demi; a vu passer vingt-deux papes; a été dirigée succes-sivement par treize architectes, depuis Bramante jusqu’au Bernin; a exigédes dépenses qui, en 4695, s’élevaient, d’après les calculs de Charles Fon-tana, à la somme énorme de 254,450,000 francs, laquelle équivaudraitaujourd’hui au double environ, eu égard à la diminution de valeur del’argent depuis la période de temps pendant laquelle les travaux ont étéexécutés, soit, en nombre rond, à 500,000,000.
Les dimensions de cet édifice sont colossales : la longueur à l’intérieur,le vestibule non compris, est de 485 mètres; celle du transsept, du fondd’un hémicycle à l’autre, est de 437 m ,45; la largeur de la grande nef estde 27 m ,30; les piliers qui séparent la nef des bas côtés n’ont pas moinsde 9 m ,46 de largeur; les arcades dont ils reçoivent les retombées ont 45 ra ,26d’ouverture (la grande nef de Notre-Dame de Paris n’en a pas douze); le dômea 42 m ,60 de diamètre intérieur ; les piliers qui le supportent ont 20 mètresd’épaisseur (combien d’églises sont de moindres dimensions! ); le vestibule a70 m ,80 de longueur; la hauteur sous clef de la grande nef est de 47 m ,30(la colonne de la place Vendôme n’en a pas tant); celle de l’ouverture prati-quée au sommet de la coupole est de 401 mètres au-dessus du sol de l’église(les tours de Notre-Dame de Paris ont 66 mètres de hauteur), et il y a 34 m ,25de distance entre cette ouverture et le sommet de la croix qui couronne lagrande houle de bronze. La surface couverte par les constructions est de23000 mètres carrés environ, non compris les sacristies, et les galeries etportiques qui précèdent le monument.
Cependant on n’est point frappé de ces dimensions exceptionnelles quandon entre dans l’édifice. On sait qu’il est très-vaste, et l’on éprouve une impres-sion diamétralement opposée à celle qu’on prévoyait : on est dominé dèsl’abord par une pénible surprise, qui provient de ce que l’imagination,surexcitée par avance, ne trouve pas ce qu’elle attendait, et qui ne permetpas aux éminentes qualités de l’œuvre de produire immédiatement leur effet.Quelques écrivains, disposés à tout admirer dans les grands hommes, ontvoulu en faire un mérite à Michel-Ange ; mais cette opinion n’a pas pré-valu, et, il faut en convenir, né devait pas prévaloir. Puisque le grand noustouche, puisque l’importance d’un travail exécuté par la main des hommes,le sentiment des difficultés vaincues et des efforts accumulés sont de nature