ÉGLISES.
S17
été convertie en église. Sa disposition laisse à désirer, car au lieu de formerla nef principale, cette construction constitue le transsept, et ne se présentepas convenablement dès l’entrée; sa décoration est en outre fort éloignée ducaractère qui conviendrait. Et cependant ce monument produit un très-grand effet; il a une expression de puissance et de majesté qu’on cherche-rait en vain dans les édifices du moyen âge, et surtout dans ceux qui appar-tiennent à l’architecture ogivale.
Sainte-Sophie de Constantinople et le chœur du dôme de Florence peuventégalement être cités comme présentant à divers degrés quelques-uns desmérites qui viennent d’être préconisés. Il en serait de même de la cathé-drale d’Angoulême , si elle était exécutée sur de plus vastes proportions, etsi des peintures ou des mosaïques couvraient sa nudité. La nef de l’églisede la Madeleine, à Paris , nous paraîtrait très-recommandable, n’étaient lelourd entablement, maladroitement prolongé, qui nuit au caractère, lesmalencontreux compartiments de marbre dont il est précédé, et les pro-portions peu satisfaisantes de l’ordonnance qui supporte les tribunes. Enfinle dôme, le dôme s’élevant au-dessus du maître-autel, comme à Sainte-Mariedes Fleurs et à Saint-Pierre de Rome , semble beaucoup plus convenable queles clochers pointus du moyen âge pour annoncer au loin le monumentreligieux. C’est une forme plus puissante, qui se rattache plus intimementà l’édifice, et qui le caractérise beaucoup mieux.
Le problème dont on vient d’exposer les conditions n’est donc pointinsoluble. Des époques moins favorisées que la nôtre ont su approcher dubut; nous devons y arriver. Nos édifices religieux présenteront alors uncaractère aussi vrai et plus beau que par le passé, ils annonceront une foivivante et éclairée, et ils porteront pieusement témoignage du progrès dontDieu , dans sa sagesse et sa miséricorde, a fait une des lois de l’humanité.
HI. TEMPLES PROTESTANTS.
Il est un fait très-remarquable: c’est que, seul peut-être entre toutes lesreligions, le protestantisme n’a-pas d’architecture spéciale. Est-ce dédain?est-ce impuissance? Ces questions ne sont point de notre ressort. Nousdevons seulement faire remarquer ce qu’il y a d’étrange à voir cette reli-