TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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la particularité que présente ce monument, d’un entablement dorique super-posé à des colonnes ioniques, et il paraît inutile de revenir sur ce point.D’autres questions se présentent. Comment l’édifice était-il terminé à sapartie supérieure? D’abord par une corniche, sans doute; mais au-dessus?Était-ce une pyramide, forme qui a eu de tout temps un caractère funé-raire, ou n’était-ce pas un toit à deux versants avec frontons sur ses facesprincipales? La disposition des tombeaux de Sycione semble appuyer la der-nière de ces hypothèses ; mais, d’un autre côté, la similitude des quatre faces,les portes figurées sur chacune d’elles sont de puissants motifs pour la repous-ser, et le tombeau de Zacharie qui a été cité tout à l’heure, est couronné parune pyramide quadrangulaire. Peut-être aussi n’y avait-il ni toit ni pyramide.Deux tombeaux grecs encore debout à Alinda, en Asie Mineure, dont M. Phi-lippe Lebas a publié les dessins (4), consistent, comme celui d’Agrigente , entours carrées, et ils sont terminés horizontalement à leur partie supérieurepar un petit socle élevé au-dessus de la corniche. L’un d’eux est décoré decolonnes doriques avec pilastres dans les angles, l’autre ne porte que desrefends. Il n’y a nulle indication de porte dans ces derniers monuments.
Ces importantes constructions ne sont pas, à notre avis, les œuvres les plusremarquables de l’art grec, en fait de monuments funéraires : ce sont bienplutôt les stèles de dimensions très-restreintes, dont le temps a fort heureuse-ment épargné un grand nombre. Le génie et le goût exquis de ce peupleprivilégié s’y marquent peut-être plus complètement que partout ailleurs,ou du moins d’une manière plus touchante. Ce ne sont plus des monumentspublics, solennels, destinés à perpétuer le souvenir d’une époque; ce n’estplus l’art en quelque sorte officiel qui se montre : c’est l’art intime, celui quiétait à la portée et au service de tous, qui ennoblissait la tombe après avoircharmé l’existence.
Ces stèles sont de minces dalles de marbre, de forme rectangulaire; ellesportent une courte inscription commémorative, et elles sont habituellementcouronnées par des palmes d’un admirable caractère, symboles de carrièreshonorablement parcourues* On y voit souvent en outre des couronnes,des fleurs, les instruments habituels du défunt, ou la scène des derniersadieux, scène remplie de calme et de mélancolique dignité. Chez les Grecs