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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
courte inscription était placée au-dessous de chaque niche, et les intervalles,ainsi que la voûte, étaient décorés de feuillages et d’arabesques peints en cou-leurs riantes. Lorsque toutes les niches étaient occupées, on murait la portequi donnait entrée dans le columbarium. Aussi quelques-uns de ces singuliersmonuments sont-ils venus jusqu’à nous dans un remarquable état de con-servation.
Tombeaux modernes. Un caractère domine dans tous les tombeaux de l’an-tiquité : la mort n’y est accompagnée d’aucune image attristante; elle s’yprésente plutôt comme une continuation de la vie avec les plus heureusesconditions. Dans ces dernières demeures, le guerrier est entouré de ses plusbelles armes, les femmes ont leurs bijoux et leurs miroirs, les enfants leursjouets, chacun les objets qui lui étaient le plus chers. Des vases renfermentdes parfums, d’autres, des comestibles de toutes sortes; les divinités pro-tectrices y ont leurs statuettes; les adieux du défunt n’y sont jamais dou-loureux; les décorations peintes n’y diffèrent point de celles qu’on pou-vait trouver dans les habitations les plus agréables. Le christianisme eut unsentiment tout opposé. Pour combattre la religion sensuelle des païens, ils’appuya sur la mort et ses suites redoutables; à l’amour déréglé des plai-sirs, à l’orgueil, aux vanités, il opposa les terreurs de la damnation et latriste et humiliante pensée de la pourriture cadavérique. De là un nouvelordre de tombeaux. Ces monuments ne sont plus des œuvres d’ostentation,destinées à passer à la postérité la plus lointaine, s’étalant fièrement au dehors:ce sont de modestes constructions témoignant d’une humble piété, qui s’éta-blissent, sous l’égide de la religion, dans les temples mêmes ou à leurs abords;ce sont pour la plupart de simples dalles funéraires. Les unes ne portentqu’une inscription commémorative; d’autres, au moyen d’un relief très-peuprononcé ou d’un dessin tracé en creux et habituellement coloré en noir,représentent le défunt couché sur le dos, revêtu de son costume caracté-ristique, les mains jointes, ou l’une levée pour bénir s’il s’agit d’un évêque.Ces dalles font partie du pavement de l’église. Quelquefois le relief est plusprononcé, la figure est même en ronde bosse, et alors elle repose sur unsocle ou un sarcophage rectangulaire, et s’adosse contre un mur, ou se place sousune arcade ménagée dans l’épaisseur des maçonneries. Il est de ces sarcophagesqui sont ornés sur leurs faces verticales de figures représentant les évangélistesou les apôtres, et l’on trouve des arcades dont les archivoltes sont décorées