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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

comme l’avait pratiqué l'antiquité, et a interdit les inhumations dans leséglises, sauf de très-rares exceptions, a donc été une loi bienfaisante; maisa-t-elle su concilier les intérêts matériels de la société avec d’autres inté-rêts non moins essentiels? S’est-on préoccupé, comme il convenait, de lapiété envers les morts et du respect des tombeaux? Qu’on jette un coupd’œil sur nos cimetières, sur ceux de Paris , par exemple, et la réponse àces questions ne sera malheureusement pas douteuse.

Qu’y trouve-t-on, surtout dans le plus célèbre de tous: celui du pèreLachaise ? Une absence complète d’ordre, de caractère et de dignité; des pro-menades qui semblent tracées pour l’agrément des curieux; les disparatesles plus choquantes; des monuments abandonnés à une ruine prématurée;et les tombeaux de nos grands hommes, ces souvenirs des gloires du pays,confondus dans la foule, exposés, comme les autres, aux intempéries del’atmosphère, et condamnés à une prompte destruction. Et les dernières prières,les adieux suprêmes des parents, des amis, des cœurs reconnaissants, dansquelles conditions se font-ils? Qui n’a été bien des fois douloureusementblessé à la vue de ces cérémonies qu’on voudrait si augustes? Qui nese rappelle l’action qu’exercent sur elles les circonstances atmosphériques,généralement peu favorables dans notre climat? Combien de prières débi-tées à la hâte par un prêtre grelottant, et de discours prononcés les piedsdans la boue, sous une pluie battante, et dont on attend la fin avec uneimpatience mal dissimulée!

Une petite ville d’Italie a pourtant montré depuis plusieurs siècles ce qu’il yaurait à faire. Le Campo Santo de Pise est l’un des monuments du moyen âgequi impressionnent le plus profondément, et se gravent le mieux dans lamémoire. C’est un champ de forme rectangulaire, qu’entoure un large portiquecomplètement fermé au dehors. A l’une de ses extrémités, en arrière du por-tique, dont rien n’interrompt le calme, est la chapelle mortuaire. Le champétait consacré aux sépultures vulgaires, et sous - le portique étaient inhumés leshommes illustres de la république; les monuments funéraires, les images etles inscriptions commémoratives de ces derniers, concourent, avec une archi-tecture distinguée et de nombreuses peintures, à former une riche et austèredécoration, qui est imposante au plus haut degré. C’est une admirable choseque ce champ de repos.

Nous voudrions donc voir, dans nos cimetières, de vastes portiques disposés