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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
commémoratives, ainsi que les monuments funéraires élevés par les famillesou par la reconnaissance publique. Les espaces découverts seraient destinésaux sépultures temporaires; mais chaque mort y aurait son épitaphe monu-mentale, quelle qu’eût été sa position sociale. Ces inscriptions seraient éta-blies sur de petits murs longitudinaux, et seraient maintenues, aussi bien quela tombe, tant que des témoignages de souvenirs, faciles à constater, prou-veraient qu’on ne peut les enlever sans blesser un sentiment respectable. Iln’y aurait pas à craindre, hélas! d’en avoir trop à conserver; l’oubli feraitbien vite de suffisantes lacunes. On verrait disparaître ainsi, du moins dans cequ’elle a de plus blessant, cette inégalité qui, jusque dans la mort, pèse sur lesclasses inférieures de la société. Le pauvre saurait que, lui aussi, aura unetombe sur laquelle sa famille pourra s’agenouiller, et adresser de pieux hom-mages à sa mémoire ; et il n’en demande pas davantage (1).
Des plantations toujours vertes, soigneusement entretenues, des bouquetsd’arbustes en fleurs dans la belle saison, seraient disposés le long des por-tiques et entre les petits murs d’inscriptions. Ils tempéreraient, sans ladétruire, l’austérité du lieu.
Les dépenses ne seraient point aussi grandes qu’il semble au premierabord, ou du moins elles seraient promptement couvertes; car elles nedépasseraient pas celles qui se font actuellement. Ordonnés dans un but biendéfini, entrepris sous une direction intelligente au lieu de se fractionner àl’infini, les travaux seraient plus productifs, et aucun ne serait stérile. Lesdroits à prélever sur les familles opulentes seraient beaucoup plus considé-rables qu’aujourd’hui, d’abord parce que, les sépultures temporaires étantdevenues plus dignes, l’acquisition à perpétuité ne se présenterait plus commeune sorte de nécessité, puis parce que le prix d’une concession ne s’appli-querait pas seulement au terrain, mais encore aux travaux exécutés pourrecevoir et conserver le corps. Ces droits croîtraient d’ailleurs dans uneforte proportion, suivant que la sépulture n’aurait, sous les portiques, qu’uneinscription commémorative, s’annoncerait par un simple cippe ou un
(1) Cette mesure aurait en outre le mérite de rendre les concessions à perpétuité moins nécessaires,et par suite plus rares. Peut-être tous les cadavres pourraient-ils être préservés par des agents chimiquesde cette lente décomposition qui engendre les émanations dangereuses, se présente si horrible à l’esprit,et convertit nos corps en ces choses hideuses, qui n ont plus do nom dans uuc une langue.