TOMBEAUX.
360
modeste sarcophage, ou attirerait les regards par un vaste monument danslequel Fart pourrait développer toutes ses ressources.
Nous voudrions enfin qu'une famille éplorée ne fût plus condamnée aunavrant spectacle de grossiers fossoyeurs remuant péniblement, pour le faireentrer par une ouverture presque toujours trop mesurée, le cercueil dont ellene peut détacher ses douloureux regards. Le cortège se dirigerait, en se déve-loppant solennellement sous les portiques, soit vers la chapelle, soit vers unesalle spéciale; et là, dans des conditions convenables, se réciteraient lesprières, se prononceraient les discours, se feraient les derniers adieux. Puis,ainsi qu’il se pratique en quelques villes d’Allemagne , le corps serait trans-porté dans une salle Voisine, pour y être gardé jusqu’à la manifestation desindices certains de la mort, afin qu’on n’eût plus à craindre les inhuma-tions prématurées.
Il semble que ces dispositions satisferaient pleinement à tous les intérêts :nos cimetières, comme nos cérémonies funéraires, y trouveraient une dignitéqui leur manque aujourd’hui; le pauvre aurait son monument commémo-ratif aussi bien que le riche, et aussi durable que les regrets qu’il se seraitassurés; un meilleur aménagement de l’espace rendrait moins inquiétantepour l’avenir l’extension incessante des cimetières; les dépenses seraient cou-vertes par les droits considérables prélevés sur les concessions perpétuelles, etsurtout sur les familles qui voudraient des monuments spéciaux, sans avoir,à cette distinction, d’autres titres que ceux de la fortune; un nouveau champserait ouvert aux productions de Fart, et un long avenir leur serait assuré;nos cimetières deviendraient de précieux musées et des monuments histo-riques du plus haut intérêt, tout en présentant le caractère le plus convenable;enfin chaque ville s’honorerait d’un témoignage public de vénération pourles morts et de reconnaissance pour les grands citoyens.