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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
de l’efficacité de ce système. Du reste, de tous les théâtres antiques venusjusqu’à nous, celui de Sagonte est le seul dans lequel on ait trouvé lesniches dont parle l’auteur latin. Il y en a neuf sur le cercle supérieur de laprincipale précinction, et elles n’ont que 0 ra ,49 d’ouverture.
Théâtres modernes. Les théâtres modernes sont tenus de satisfaire à detout autres conditions que ceux des anciens, et ils n’admettent ni les mêmesformes, ni la même étendue. Nous avons des délicatesses et des exigencesque l’antiquité ne connaissait point, et le symbole, qu’elle accueillait large-ment, n’a presque plus prise sur nos esprits. Le masque faisait connaître lecaractère du personnage, des fragments de décoration suffisaient pour indiquerle lieu de la scène, une déclamation rhythmée donnait du relief aux paroleset les portait au loin; l’esprit était saisi, et les anciens ne demandaient pasdavantage. Leurs représentations théâtrales étaient essentiellement symboliques,et elles devaient, par cela même, frapper puissamment l’imagination, à laquelleelles ouvraient les plus larges horizons. Qu’on se rende compte de l’effetqu’elles devaient produire, et les nôtres paraîtront bien misérables. Qu’onse figure une de ces assemblées où d’innombrables spectateurs voient agir,non point des individus, mais des types immortels; éprouvent tous les mêmesémotions, les mêmes admirations enthousiastes : et l’on ne pourra s’empê-cher de prendre en quelque dédain tous ces mérites auxquels les nationsmodernes attachent tant de prix, l’illusion de la scène, les jeux de physio-nomie, les nuances infinies de la récitation.
Mais nous n’avons point qualité pour traiter des questions de ce genre,et nous devons nous empresser de rentrer dans les limites de notre com-pétence. Examinons donc quelles sont les dispositions qui conviennent le mieuxà une salle de spectacle, d’après les exigences du théâtre moderne.
Deux dispositions principales ont été adoptées pour ces édifices : l’uneappartient à l’Italie , l’autre est essentiellement française. La première élèveverticalement le mur d’enceinte de la salle, depuis le niveau du sol jusqu’auplafond, et le perce de plusieurs rangs d’ouvertures pour les loges des specta-teurs. La seconde admet largement les galeries saillantes et les loges décou-vertes. Les loges des théâtres italiens sont en quelque sorte en dehors dela salle sur laquelle elles ont vue; plus profondes qu’en France , ce sontde petits salons où Ion reçoit des visites, et où la représentation n’occupequ’au moment où se fait entendre un chanteur favori ou un morceau de