THÉÂTRES.
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La salle présente une disposition analogue à celle que nous avons trouvéeà T Opéra, c’est-à-dire des points d’appui se dessinant sur toute la hauteur,supportant la calotte sphérique, et reliant harmonieusement les diversesparties de la composition. Mais ils sont également espacés ici, au lieu d’êtredistribués par groupes, et ils consistent en pilastres et non en colonnes.Des consoles appuyées contre ces pilastres supportent, en saillie très-pro-noncée, des galeries et des loges découvertes.
Le foyer destiné au public est varié dans sa forme, et sa partie centraleest fort habilement disposée; elle s’élève à plus grande hauteur que le reste,et elle se termine par une ordonnance de cariatides.
Dans l’un et l’autre théâtre, il a été observé un rapport très-convenable entrela largeur et la hauteur de la salle, et il est à remarquer que les dimensionshorizontales ont été établies de telle sorte qu’une circonférence de cercle peuts’inscrire dans le plan et servir de base à la voûte. Cette condition, à laquelle ila été satisfait dans beaucoup d’autres édifices de ce genre, a le double mérite dedéterminer une forme simple et de conduire à d’excellentes proportions (1).
On peut citer encore, parmi les théâtres de France les plus remarquables,celui de Bordeaux d’abord, qui est disposé avec ampleur et traité dans unstyle monumental (2), puis ceux des Italiens et de l’Opéra-Comique, à Paris .Mais combien il y en a de défectueux ! La plupart de ceux de cette dernièreville sont englobés dans des habitations particulières, au risque d’en rece-voir et d’y communiquer des incendies. Plusieurs laissent exposées à toutesles intempéries de l’atmosphèi’e les personnes obligées de faire queue pourprendre leurs billets; n’ont point de vestibule où les spectateurs puissent at-tendre, à la fin du spectacle, l’arrivée de leurs voitures; ne présentent pasles dispositions nécessaires pour abriter à la fois un grand nombre de per-sonnes descendant de voiture ou y montant; n’ont ni dégagements suffisants,ni escaliers multipliés, larges et faciles, comme il conviendrait ; ont mesuré lesplaces avec une telle parcimonie qu’y être enfermé pendant toute une soirée
(1) Il est sans doute inutile de faire remarquer que le plan d’une salle de spectacle est assujetti à de toutautres conditions que celui d’un amphithéâtre destiné à des cours publics. Dans le premier de ces édifices,les regards doivent pouvoir embrasser toute l’étendue de la scène ; tandis qu’ils n’ont à se porter que surun seul point, dans le second. La forme des théâtres antiques est également inadmissible pour les nôtres,dont les scènes sont moins larges et plus profondes.
(2) Voyez le vestibule de ce théâtre, planche 10.