Band 
Deuxième partie.
Seite
400
JPEG-Download
 

TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

rno

est un véritable supplice, pour tout homme dont la taille ou l’embonpoint atteint,les dimensions moyennes; n’offrent enfin aux spectateurs fatigués, qui auraientbesoin de se reposer pendant les entr’actes, qu’un foyer étroit, étouffé, oùl’air et l’espace font également défaut. Puis quel hideux aspect que celui deleurs abords, soit pendant les entr’actes, soit à la fin du spectacle! tandis qu’ilserait si facile de disposer des urinoirs en un point où ils seraient inoffensifs.

D’autres dispositions éminemment vicieuses se rencontrent dans tous nosthéâtres, même dans ceux qui paraissent le mieux distribués.

Viennent en premier lieu celles des escaliers. Lors même qu’ils sont largeset bien tracés, la circulation y devient difficile, à la fin du spectacle, parcequ’ils desservent les différents étages. Le passage est barré aux spectateursdes premiers rangs de loges par le courant qui descend des rangs supérieurs,et il y a toujours encombrement aux points d’intersection. Il faudrait que chaqueétage eût son escalier spécial, débouchant au rez-de chaussée dans un vestibule.

L’éclairage de la scène est peu satisfaisant. On conçoit qu’à l’époque où lachandelle était le seul luminaire connu, on ait été obligé de placer près desacteurs, entre eux et le public, toute une série d’appareils d’éclairage, et que cesystème ait été accepté; car il fallait avant tout une suffisante quantité delumière, et il n’y avait pas d’autre moyen de se la procurer. Mais on ne s’expli-querait pas, si l’on ne connaissait l’empire de la routine, que, sauf la nature ducorps éclairant, la même disposition fût encore en vigueur, aujourd’hui qu’il estfacile de se procurer des foyers lumineux très-puissants, et de distribuer la lumièreainsi qu’il convient. Nous attachons le plus grand prix à la vérité matérielle, nousvoulons que la mise en scène fasse illusion, et non-seulement nous éclairons lesfigures de nos acteurs en dessous, mais encore nous laissons en évidence leslumières qui produisent ce singulier effet, de manière à les rendre à peu prèsaussi fatigantes pour le public que pour les personnes placées sur le théâtre.

Les loges du rez-de-chaussée de l’avant-scène, qui sont établies au niveaudu plancher du théâtre, et mettent quelques assistants en contact avec lesacteurs, sont également en opposition avec le but que nous poursuivons.Elles ont d’ailleurs ce grave inconvénient que les sons s’y engouffrent, et nesont pas renvoyés dans la salle comme il le faudrait.

Un usage plus vicieux encore peut-être sous ce dernier rapport, est celuiqui consiste à avoir des loges derrière le rideau, et en retraite sur les deuxavant-corps qui limitent la scène latéralement. Il y aurait avantage à les sup-