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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
purifiés, reutrent ensuite dans la société dont ils deviennent des membresutiles; en vain le christianisme donne naissance, dès son début, à de chari-tables associations qui visitent les prisonniers, et leur prodiguent les encoura-gements et les bons conseils ; en vain Constantin et ses successeurs promul-guent de sages règlements sur les maisons de détention ; en vain le grand évêquede Milan, saint Charles Borromée , prend chaleureusement en main la causequi a trouvé de nos jours de si nombreux défenseurs : jusqu’au xvn e siècle,on ne voit dans la prison qu’un endroit destiné à punir et à séquestrer desindividus. Qu’elle s’oppose efficacement aux évasions, on ne lui demandepas autre chose; et tout édifice qui remplit cette condition, quelle que soitsa distribution, quelle qu’ait été sa destination première, est propre à servirde prison. Suivant les circonstances locales, les détenus sont entassés sansordre, en nombre plus ou moins considérable, les criminels endurcis avecles hommes simplement égarés, les innocents avec les coupables, ici dansdes lieux humides, là sous des plombs brûlants. Privés d’air et d’exercice,soumis aux privations les plus rudes, livrés à des geôliers inhumains, cesmalheureux semblent sous le coup de la terrible sentence de Catherine deMédicis : È pietà lor ser crudele, è crudeltà lor ser pietoso.
Cependant à mesure que les moeurs perdaient de leur férocité, le régimedes prisons s’améliorait sur divers points de l’Europe. L’Allemagne , la Hollande,le Danemarck olfraient, dès le xvn e siècle, des établissements organisés en vuede la correction, et où les détenus prenaient l’habitude du travail. Dans lesiècle suivant, la maison pénitentiaire de Saint-Michel, à Rome , puis les prisonsde Milan et de Gand furent construites de manière à permettre l’isolementdes prisonniers pendant la nuit, et leur réunion silencieuse pendant le joursoit pour travailler, soit pour entendre des instructions religieuses. Mais cen’étaient que des tentatives isolées, et ces expériences n’avaient pas grand re-tentissement, lorsque parut Howard, qui se dévoua à l’étude de la question,et la signala à la sollicitude du monde civilisé, dans un ouvrage publié en 4777.Quelques années après (4791), Bentham fit ressortir les avantages du planpanoptique pour les édifices destinés à contenir un grand nombre d’indi-vidus, et spécialement pour les prisons. Vinrent enfin les Etats-Unis d’Amé-rique . A peine émancipés, ils s’occupèrent sérieusement, et avec suite,des dispositions à adopter pour résoudre le problème qui préoccupait l’Eu-rope , et ils eurent la gloire d’appliquer sur une grande échelle, en les