TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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larges corridors établis seulement au rez-de-chaussée. Parmi les établisse-ments hospitaliers conçus dans ce système, on peut citer celui de Plymouth ,en Angleterre, l’hôpital de la marine, à Brest, le grand hôpital de Bordeaux et l’hôpital Lariboisière, nouvellement élevé à Paris . Ce dernier est repré-senté sur la planche 56 par le plan du rez-de-chaussée et un fragment decoupe transversale (1).
Cette disposition a quelque chose de très-séduisant au premier abord.Les pavillons isolés donnent à la composition plus de variété qu’on n’entrouverait avec un autre plan; on embrasse ou l’on devine dès l’abord toutesles parties de l’établissement qu’il n’y a pas intérêt à cacher; il semble queles malades y trouvent plus de calme et de bien-être qu’ailleurs, et ilsdoivent éprouver en y entrant cette salutaire impression; la contagion dumal y paraît moins redoutable, et la répartition par genre de maladiesplus assurée. Plusieurs de ces mérites sont considérables, et ne sauraientêtre contestés; mais à côté se trouvent des inconvénients qui ne sont passans gravité. Les distances à parcourir dans l’intérieur de l’établissement sontgrandes et rendent le service et la surveillance à la fois pénibles et difficiles;les cours qui séparent les pavillons sont trop étroites pour que les rayonsdu soleil y exercent suffisamment leur action bienfaisante, et même pourque l’ombre d’un des pavillons ne se projette pas habituellement sur l’autre;si les salles sont exposées au nord et au sud, comme dans l’hôpital Lari-boisière , toute une série de cours est ouverte à l’ouest; si la grande courcentrale est affectée à la promenade des malades, la séparation n’est pluscomplète; si ce sont les petites cours qui lui sont destinées, il y a insalu-brité, et les portiques ne sont plus assez motivés (2); enfin, et c’est là legrand vice du système, les dépenses de premier établissement sont très-considérables, parce que cette disposition exige une grande étendue de ter-rain, un grand développement de murs extérieurs, de nombreux escaliers
(1) On a teinté en gris sur le plan les constructions qui ne s’élèvent que dans la hauteur du rez-de-chaussée.
(2) A l’hôpital Lariboisière , on a reconnu la nécessité de sortir du périmètre indiqué sur notre plan,afin de remédier à une partie de ces inconvénients. Des cours plantées vont être établies à droite et àgauche de l’enceinte, et serviront à la promenade des malades et à, l’assainissement des petites cours quiseront ouvertes sur elles.