TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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en résulte, pour le passage central, une largeur de 5 m ,20, laquelle est fortconvenable, et permet, en cas de nécessité absolue, d’ajouter une rangéede lits, disposés en sens inverse des premiers, à ceux qui appartiennent àl’état normal de l’établissement. La hauteur moyenne des salles doit êtrede 5 mètres environ, afin d’assurer aux malades une suffisante quantitéd’air. D’après ces dimensions, l’espace cubique par lit est de 40 m ,50, soit50 mètres, ce qui est suffisant, à condition toutefois qu’il sera établi un bonsystème de ventilation, combiné de manière à fournir à peu près 20 mètrescubes d’air par heure et par malade. Le volume d’air, nécessaire pourassurer la salubrité, varie d’ailleurs suivant la nature des maladies, et doitêtre réglé pour chaque salle d’après les circonstances. Nous avons déjà faitconnaître les dispositions à adopter à cet effet.
Les circonstances locales obligent quelquefois à admettre dans la largeurde la salle, trois ou même quatre rangées de lits, tous dirigés dans le mêmesens, c’est-à-dire perpendiculairement à la longueur. C’est une nécessité très-regrettable : l’aspect de la salle a quelque chose de peu satisfaisant et mêmed’aitristant ; les malades des rangs intermédiaires n’ont pas assez de calme,sont trop exposés aux courants d’air, et leurs lits ne sont pas suffisammentéclairés; on ne peut pas augmenter la largeur proportionnellement à l’ac-croissement du nombre des lits, d’où résulte qu’un moindre espace'est affectéà chaque malade; on donne 42 mètres environ de largeur pour trois rangéesde lits, et 45 mètres pour quatre, et ces distances, quoique restreintes, nepeuvent être franchies par des poutres d’une seule portée, de sorte qu’il fautavoir recours à des supports isolés, qui sont toujours gênants et produisentun mauvais effet.
Sous le rapport du bien-être des malades, mieux vaut augmenter le nombredes salles que leur donner une grande longueur; mais, chaque salle ayantson service distinct et ses dépendances obligées, on serait entraîné à de tropgrandes dépenses, tant pour le premier établissement que pour l’entretien, sil’on se laissait dominer par cette considération. Il faut donc accepter les grandessalles, sans dépasser toutefois une certaine limite, laquelle paraît pouvoirêtre fixée à une contenance de GO à 80 lits. On remédie d’ailleurs aux princi-paux inconvénients résultant de cette agglomération de souffrances, en pla-çant, près de chaque grande salle, une ou deux pièces destinées aux maladiescontagieuses, aux douleurs qui arrachent des cris et aux agonies bruyantes.