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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
ment une grande solidité et une exécution parfaite, afin d’être durables etd’un entretien facile, et leur beauté doit consister uniquement dans le méritedes dispositions, dans l’harmonie des proportions et dans ce caractère monu-mental qui se concilie avec la hardiesse de la construction.
Le phare de Bréhat, qui est représenté pi. 6T, par son élévation, sacoupe et quatre plans pris à différentes hauteurs, peut donner une idée del’esprit dans lequel ces édifices sont actuellement conçus. Nous en dironsquelques mots parce qu’il nous fournit l’occasion de faire connaître aulecteur un exemple des dispositions qui peuvent être adoptées pour l’exé-cution en pleine mer d’ouvrages de ce genre.
Ce phare est situé à 5000 mètres environ du cap de la presqu’île bre-tonne, le plus avapcé vers le nord, sur le plateau les Héaux de Bréhat,lequel consiste en une roche de porphyre, qui présente, à mer basse, prèsde 500 mètres de diamètre, et qui, à mer haute, est entièrement submergée,à l’exception de quelques aiguilles dispersées sur sa surface. Les courants demarée sont très-forts dans ces parages; leur vitesse atteint jusqu’à huit nœuds[k m ,\\ par seconde), et lorsque l’action d’une tempête se joint à l’agitationqu’ils produisent, la mer devient d’une violence extrême, et les lames s’élè-vent à des hauteurs considérables en se brisant avec fracas contre les obsta-cles qu’elles rencontrent.
L’édifice n’est pas placé sur le sommet le plus élevé du plateau. Il étaitbeaucoup plus essentiel de l’établir près de l’endroit où le rocher est le plusfréquemment accostable, afin de réduire autant que possible les difficultéset les dépenses du débarquement et du transport à prix d’œuvre des maté-riaux de construction. Ce point, situé dans une échancrure sur le bord suddu plateau, offre, à mer basse, un assez bon abri contre les vents du largecompris entre le nord et l’O. S. O., en passant par l’ouest. On y trouve unetête de roche qui s’élève au niveau de mi-marée, qui est coupée à pic ducôté de la mer, et au pied de laquelle il existe toujours, sauf dans les bassesmers de vives eaux, un tirant d’eau suffisant pour les navires d un faibletonnage. A peu de distance est une plate-forme d une certaine étendue, unpeu plus élevée, et dominée de 4 in ,50 environ par le niveau des plus hautesmers. Ce dernier emplacement fut regardé comme devant assurer, toutcompte fait, un minimum de dépenses, et il fut adopté pour l’établissementde là nouvelle construction.