MAISONS DE VILLE.
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des habitations était porté très-loin dès F avènement de l’empire. Les palaisdes riches citoyens déployaient une magnificence prodigieuse; les plus bellescolonnes, les marbres les plus rares, les matériaux les plus précieux y étaientsemés à profusion. Toutes les parties du monde connu étaient mises à con-tribution pour orner ces édifices.
Le palais des Césars, dont il ne reste malheureusement que des ruinesinformes, devait surpasser tout ce dont les plus splendides habitations modernespeuvent nous donner une idée. Établi d’abord sur le mont Palatin , d’où lenom qu’il a reçu et qui est devenu générique, il fut étendu par Caligula jusque sur le mont Capitolin, et Néron engloba l’Esquilin dans ses immensesconstructions. La maison dorée de ce prince présentait un triple portique demille pas de longueur, des galeries, des exèdres, des salles immenses, desthermes, des logements innombrables ; le vestibule était de telles dimensions,qu’on y avait placé une statue d’environ quarante mètres de hauteur, celledu tyran; dans le fond de la vallée était un lac creusé à bras d’hommes,qu’entouraient tous les édifices qu’on aurait pu trouver dans un port de mer;ailleurs on rencontrait des maisons de plaisance, des champs, des vignes,des forêts. Une grande partie de la ville avait été enlevée aux citoyens aprèsl’incendie, pour asseoir cet orgueilleux palais, et les confiscations pourvurentlargement à sa décoration, qui éclipsait toutes les magnificences rêvéesjusqu’alors. La tyrannie s’était chargée de venger les nations spoliées et cruel-lement opprimées par d’avides conquérants.
Habitations modernes. Notre époque s’est tellement donné la tâche deréhabiliter toutes les choses du passé, si peu recommandables qu’ellessoient, que les habitations du moyen âge ont trouvé, dans ces dernièresannées, de fervents admirateurs et des architectes disposés à les prendrepour modèles. C’étaient pourtant de tristes demeures, grossièrement dis-tribuées, sans souci de ce qui importe aux agréments ou à la dignité del’existence. Des entrées étroites et obscures, des cours humides, des esca-liers d’un parcours difficile, de grandes pièces mal éclairées et mal chauf-fées, dont chacune avait à remplir plusieurs offices : voilà ce qu’on trou-vait à peu près dans toutes, quelle que fût leur importance. Dans les villes,toujours fortifiées et où l’espace était mesuré d’une main avare, les mai-sons , entassées dans d’étroites ruelles, étaient pour la plupart habitées pardes marchands. Au rez-de-chaussée était la boutique, ouverte sur la rue