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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
par une grande arcade, et suivie d’une arrière-boutique; à côté, uneallée étroite en partie occupée par un escalier à une seule rampe, ouconduisant à la tourelle d’un petit escalier circulaire en saillie sur lacour; au premier étage se trouvaient deux chambres, et quelquefois unpetit cabinet au-dessus de l’entrée; la principale de ces chambres, demêmes dimensions que la boutique, était la chambre à coucher des maî-tres, le salon et la salle à manger aux jours de fêtes; dans un secondétage, ou dans une espèce de grenier, se logeaient tant bien que mal lesgens de la maison. Mêmes dispositions étaient en usage pour les habita-tions des rares bourgeois qui n’étaient point adonnés au commerce; le par-loir ou le cabinet de l’homme de loi remplaçait la boutique. Quelques-unes de ces maisons étaient bâties en pierres ou en briques, beaucoup enpans de bois. Les étages de ces dernières s’avançaient souvent en encorbelle-ment sur le rez-de-chaussée, et les uns sur les autres. Cette forme était pitto-resque sans doute, mais elle avait le grave inconvénient d’enlever de l’air et dela lumière aux rues et aux étages inférieurs, déjà peu favorisés sous cerapport.
Au château étaient réservés le luxe et le bien-être de l’époque; mais lesaméliorations n’y étaient pas encore très-prononcées. Il s’agissait beaucoupmoins d’y pourvoir aux commodités de la vie qu’à la sécurité des habi-tants. La distribution était bonne dès qu’elle faisait à la défense des condi-tions favorables, et permettait de grands approvisoinnements ; on s’enaccommodait comme on pouvait. Élevés dans le double but de défendre laville contre les ennemis du dehors, et de maintenir ses habitants dansl’obéissance, ces châteaux consistaient habituellement, dans le principe, enun simple donjon élevé au centre d’une cour qu’entourait une épaissecourtine, flanquée de tours défensives et précédée d’un fossé. Plus tard, desconstructions furent adossées aux courtines, dans l’intérieur de la cour, demanière à donner des logements plus vastes, et surtout de plus grandessalles pour les fêtes ou pour les réunions de gens d’armes.
Le Louvre de Philippe-Auguste présentait la première de ces disposi-tions; et l’on trouve la seconde dans le même château, après les grandstravaux exécutés sous le règne de Charles V .
La position était bien choisie: contre le mur d’enceinte de la ville; endehors, de manière à conserver toute liberté d’action; sur les bords de la