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TUAITÉ D’AUCH1TECTÜRE.
en aucune façon. Jetons, si l’on veut, un coup d’œil sur les étapes déjàparcourues; il nous sera salutaire, surtout parce qu’il nous ôtera toute enviede revenir sur nos pas, et nous incitera à poursuivre résolument notreroute.
Qu’on trouve parfois d’heureux motifs dans ces constructions, quequelques détails y soient arrangés avec goût, qu’on y puisse voir desornements d’une certaine élégance, on ne saurait le méconnaître; mais iln’y a point à s’émerveiller de ce que l’art n’ait pas entièrement fait défautdans les habitations du moyen âge. Et peut-être, au fond, est-ce montrerpeu de respect pour l’idole qu’en encense, qu’admirer avec une sorte d’éton-nement la moindre qualité qui s’y rencontre (I).
Mieux vaudrait un sage ennemi.
La Renaissance n’eut pas pour conséquence immédiate la révolution com-plète dans l’état des habitations, qu’on était en droit d’attendre du mouvementdes esprits, et du remarquable talent de nos grands architectes du xvr siècle.Inaugurée et protégée par des souverains amis du plaisir, elle s’était pliée àleurs goûts en tout ce qui est du domaine de 1 art, et elle n avait pas, sousce rapport, assez de sérieux dans les idées pour pénétrer hardiment jusqu’aufond des choses. Elle se contenta de toucher aux surfaces. Elle rompit nette-ment sans doute avec le moyen âge; mais elle se borna à revêtir d’uncostume de fête, aux gracieux ornements, les dispositions générales qu’ilavait consacrées, et elle laissa au siècle suivant la gloire de constituer unearchitecture rationnelle et essentiellement française.
Dans les maisons comme dans les palais, à la ville comme à la cam-pagne, les distributions de la Renaissance sont, à peu de chose près, cellesdu passé; la différence ne se trouve guère que dans la forme. Mais le pro-grès est grand et incontestable de ce côté.
La planche 73 met sous les yeux du lecteur deux exemples des maisonsde ville de cette époque. Ils sont empruntés à la ville d’Orléans , qui est
(1) Le sentiment de l’art est si peu développé en France , que nous avons vu, dans ces dernières années,des hommes très-éclairés repousser avec énergie l’esprit et les institutions du moyen âge, et vouloir fairerevivre Fart de cette époque. Comme si ces choses n’étaient point solidaires! comme si la forme n’étaitpas l’expression de la pensée !