TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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soient les longues perspectives de l’édifice, il n’y a point à regarder ce palaiscomme un modèle à suivre; il présente des défauts qu’il ne nous est pointpermis de passer sous silence. Le premier et le plus grand de tous est le manqued’unité. Il ne peut être imputé à personne, car il provient de ce qu’il n’y apas eu unité dans la conception. L’œuvre porte, aussi bien dans les dispositionsgénérales que dans le style, l’empreinte des générations successives et desesprits divers qui y ont apposé leur cachet. C’est fort heureux sans doute auxyeux de tout homme qui envisage l’édifice d’un point de vue élevé, y trouvematière à de sérieuses études, et sait apprécier l’intérêt que présentent toutes cesmurailles dont chacune porte une date, toutes ces formes qui offrent un résumécomplet des évolutions de l’art moderne, et font du vaste palais une série demonuments historiques, une sorte de musée d’architecture. Mais, dans un ou-vrage destiné à l’enseignement, l’on n’a point à se préoccuper de considérationsde cette nature, et l’on se voit obligé de reconnaître que la construction dontil s’agit manque à l’une des règles fondamentales de l’art.
En tant que disposition générale des constructions, le palais de Versailles est de beaucoup supérieur. L’unité s’y trouve bien marquée, chaque corps debâtiment y a sa fonction déterminée, et les gradations y sont très-habilementménagées. Les abords sont grandement conçus, et l’édifice tout entier apparaîtdès l’entrée, qui est largement ouverte.
Dans le palais de Paris , on ne sait où prendre l’entrée principale. Celle quiserait le plus convenablement placée est la grande porte du Louvre sous lacolonnade (25), parce qu’elle est ouverte dans l’axe principal, en face ou à peuprès, de la partie du palais réservée à l’habitation du souverain. Mais cetteentrée est étroite, et n’est pas précédée, comme il conviendrait, par uneavenue ou tout au moins par une grande place. Puis elle a l’inconvénient defaire traverser d’abord la cour qui présente le plus de richesse d’architectureet les formes les plus délicates, celle qu’il est le moins permis de convertir enune sorte de vestibule. Ce défaut dans la disposition générale est malheureu-sement de ceux qu’il faut savoir accepter, car il paraît impossible d y remédier.
Le prolongement de la partie du palais des Tuileries construite par Cathe-rine de Médicis , nous paraît avoir été une faute regrettable. 11 y a quelquechose de peu satisfaisant dans ce long bâtiment, qui se poursuit en lignedroite, sans mouvement dans ses lignes essentielles, aussi bien sur lagrande cour que sur le jardin. La demeure du souverain n’est pas assez