MAISONS DE CAMPAGNE.
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contourné de balconnades avec enjolivations dorées jusqu’au haut du faite,ez pavillons et tourillons d’iceluy chasteau, lequel est devenu royal et bienjustement. » C’était aussi une bien lourde entreprise pour un particulier,si riche qu’il fût, et Boyer fit reproduire sur plusieurs points de son œuvre,cette devise qui était prophétique - : S’il vient à point m’en sovviendra. Iléprouva en effet, mais après sa mort, le sort qui devait atteindre plus tardle surintendant Fouquet ; une enquête fut ouverte sur les origines de cettefortune, dépensée avec tant d’ostentation, et le château, à peine achevé,passa entre les mains de François I er . Il fut donné ensuite par Henri II àDiane de Poitiers , qui fit élever une lourde construction entre les deuxailes saillantes placées sur le premier plan de notre dessin, et dont l’une estoccupée par la chapelle, l’autre par la bibliothèque. C’était sacrifier les de-hors à la commodité de l’intérieur. Diane de Poitiers mit aussi à exécutionle projet qu’avait conçu Boyer, de rattacher le château par un pont à larive gauche du fleuve, où se trouvait un plantureux bocage. Mais elle nejouit pas longtemps de sa délicieuse résidence; Catherine de Médicis voulutrecouvrer Chenonceaux après la mort de Henri II , et l’ancienne favorite duts’estimer heureuse d’obtenir en échange le château de Chaumont-sur-Loire.Vaste pour un particulier, le premier de ces édifices était trop restreintpour recevoir la cour de France, et Catherine prit le parti d’élever, au-dessus du pont édifié par sa rivale, un long corps de logis composé dedeux étages, dans lequel elle trouva des galeries pour ses fêtes et des cham-bres pour sa suite.
Notre vue ne tient nul compte de ces adjonctions successives (I). Elle repré-sente le château dans l’état où il se trouvait lorsque François I er s’en empara.C’est d’un point situé sur la rive droite, un peu au-dessus de l’édifice,qu’elle a été prise.
On voit que le bâtiment principal se relie à la rive par un pont com-posé de deux arches et d’une travée mobile formant pont-levis. Deux vigou-reuses piles, réunies par une arche dont on n’aperçoit qu’une retombée,supportent le château. En avant du pont est un donjon avec tourelle, sorted’ouvrage avancé, qui est censé en défendre les approches. Des tourelles en
(1) Le pont est indiqué sur le plan par une teinte grise.
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