VILLES.
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qu’on y admette quelques changements de direction et la variété arriveimmédiatement; ils jalonnent les distances, présentent les édifices sous desangles plus divers, déterminent des accidents d’ombre et de lumière, etoffrent au promeneur des points de vue qui se renouvellent à chaque pas. Ilen est des rues comme des grandes routes, où l’on sait l’effet que produi-sent les longs alignements.
L’excès opposé serait plus fâcheux encore. Des rues trop courtes, trop fré-quemment brisées dans leur direction, ou présentant de trop petits rayons decourbure, allongeraient les distances outre mesure, gaspilleraient le terrain,seraient insalubres parce que l’air né s’y renouvellerait pas suffisamment,seraient plus fausses encore que les précédentes, enlèveraient à la ville toutcaractère de grandeur, et la rendraient triste aussi en la privant de toutelongue perspective.
On doit donc se tenir en une juste mesure et éviter toute exagération. Maisil n’y a ni limites, ni principes absolus à poser en pareille matière. Qu’onprenne en sérieuse considération toutes les données du problème, qu’on lesapprécie sainement, qu’on ne se laisse dominer par aucune idée préconçue,et la solution à laquelle on arrivera sera bonne sous tous les rapports. Telest l’esprit qui préside actuellement au tracé des routes, et lui a fait faire desi grands progrès.
11 faut des places dans une ville; elles donnent de l’air, rompent l’unifor-mité des rues, et offrent les positions les plus convenables pour les édificespublics, les fontaines et les monuments honorifiques. Leur disposition peut• et doit être variée. L’une de celles qui séduisent le plus au premier abord,pour une place de grandes dimensions, est la forme circulaire avec ungrand nombre de rues de même largeur tendant au centre et égalementespacées; c’est ce qu’on appelle une étoile. Mais elle produit rarement boneffet, d’abord parce que la symétrie s’y montre trop dominante, puis parceque la circulation n’ayant pas la même activité dans toutes les rues conver-gentes, celles qui en sont comparativement dépourvues paraissent tristes etinutiles. Le système qui consiste à réunir par une place carrée deux rues secroisant à angles droits, de manière qu’elles débouchent au milieu de chacundes côtés, n’est pas non plus très-satisfaisant, parce qu’aucun mouvementn’est appelé et ne se porte dans les angles. A cette forme, qui est repré-sentée par les lettres a , 6, c, d de la figure 22 de la planche \, il y a