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1/1 (1864) Hôtels privés / par César Daly
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MAISONS DE PARIS ET DES ENVIRONS.

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avec habileté chaque mètre carré du terrain disponible.La meilleure étude à faire pour se rendre maître de lartde bien distribuer un appartement, est celle des exemplesexécutés par les architectes les plus expérimentés ; ceRecueil en offre un grand nombre et des plus remarqua-bles. Mais quelques réflexions pourront aider le lecteurà mieux saisir lesprit qui gouverne ce genre de compo-sition.

Il y a deux courants de mouvements dans lhabitationdune famille, que cette habitation ait limportance dungrand hôtel ou quelle se réduise aux proportions duntrès-simple appartement. Il y a la circulation des maîtres etde leurs amis; elle saccomplit par les voies les plus envue, les plus nobles et les plus aisément accessibles; etil y a la circulation des domestiques, des fournisseurs,de tous ceux qui ont part au service de la maison, etelle se fait de la façon la moins ostensible et la plus dis-crète possible. Ces deux courants devant être maintenusparfaitement distincts, il faut, de toute nécessité, lesca-lier des maîtres et lescalier des serviteurs. Il peut y avoirplus dun escalier de service dans un appartement depremier ordre, mais les appartements les plus modestesen sont seuls entièrement privés.

Cest à lantichambre de lappartement quaboutissentces deux systèmes de circulation. Lantichambre est unesorte de terrain neutre entre les maîtres et les serviteurs.Cest par lantichambre que se réalise aussi lindépen-dance, les unes par rapport aux autres, des pièces oc-cupées par les divers membres de la famille. Ceux-ci,pour entrer ou pour sortir, devant passer naturellementpar lescalier des maîtres, ont besoin de communiquerde leurs chambres respectives avec lantichambre qui yconduit; lorsque cette communication ne peut pas sefaire directement, elle sexécute indirectement au moyend un couloir de dégagement sur lequel souvrent leschambres a coucher et les autres pièces à desservir, etqui débouche sur lantichambre.

Cest aussi par lantichambre quarrivent les amis etles visiteurs, qui se rendent de à la salle à manger ouau salon ; salon et salle à manger communiqueront doncle plus directement possible avec lantichambre qui de-vient, comme on voit, le véritable foyer de la distribu-tion, le centre autour duquel tout se groupe ; elle rat-tache les pièces de réception et les chambres de laCamille avec lescalier principal, aussi bien que le dépar-tement des maîtres avec celui du service domestique. Ilen résulte que souvent lantichambre, entourée de toutespaits, ne peut pas recevoir de lumière directement dudehors et qu on 1 éclaire par la cage de lescalier, prati-quant de larges baies dans sa cloison de ce côté, quonferme ensuite d un vitrage, soit dépoli, soit cannelé, ousimplement de glaces sans tain lorsquaucune indiscré-tion n est à redouter. Lantichambre est parfois précédéedun vestibule; il y a même quelquefois deux anticham-bres, mais ces variantes dans les plans ninfirment enrien les considérations qui précèdent; elles facilitentseulement le service domestique, rendent les dégage-ments plus aisés à combiner et ajoutent à la dignité delappartement.

Cest dans les combles que sont réunis dordinaire les

logements des domestiques des deux sexes, ce qui nestpas sans inconvénients.

Nous najouterons rien sur les boutiques et les maga-sins, rien non plus sur la théorie des décorations inté-rieures propres à chacune des pièces dun appartement.Ces études de détail demanderaient des développementstrop considérables pour être intercalées dans lexposésynthétique que nous faisons ici; leur place est ailleurs ;nous nous réservons den traiter dans une des publica-tions spéciales de cette série consacrée à Y architectureprivée au xix e siècle.

DES VILLAS.

Lhistoire des mots dune langue, cest lhistoire delâme et de la vie dun peuple. Le jour lon fera unehistoire vraiment philosophique de lart, celle des motsqui composent sa langue en formera une des parties lesplus intimes et les plus profondes.

Lhistoire des deux mots art et style ne fournirait-ellepas un chapitre plein dintérêt?

Combien de mots de la langue politique ne figurentdans nos dictionnaires que depuis la grande révolutiondu dernier siècle! Les révolutions dans lArt ont été aussisuivies de changements importants dans la langue quilui appartient.

Le mot château, qui désignait à lépoque féodale unedemeure seigneuriale fortifiée , dut élargir graduellementsa signification dans les siècles suivants, au point dem-brasser, même antérieurement à 1789, une foule dha-bitations pacifiques et rurales appartenant à dhonnêtespersonnes sans seigneurie aucune. A la fin de lEmpireet sous la Restauration, à peu près toutes les habitationsde campagne des gens riches étaient ainsi nommées.Labus était manifeste et touchait presque au ridiculedans un pays aussi démocratique que la France . Il fal-lait un mot nouveau pour désigner cette classe de con-structions plutôt élégantes que vastes, recherchées parla bourgeoisie de moyenne fortune. On adopta le motvilla.

Cest aux Italiens , nos collatéraux de race latine, quenous avons emprunté ce mot villa, employé cependantpar nos ancêtres Gallo-Romains, mais que nous avionsperdu. Sa signification sest altérée chez nous dès lemoment de sa réimportation, comme sest modifié lesens du mot château et sous les mêmes influences : lesprogrès de la démocratie.

En Italie , la villa rappelle les grandes maisons de plai-sance des environs de Rome et dautres villes de laPéninsule; toute lEurope connaît les noms des villasAlbani, Aldobrandini , Borghèse , Médicis, etc. Le sensdu mot château sétait élargi pour embrasser, par en bas,les demeures rurales des classes moyennes; de même,le sens du mot villa, limité il y a peu dannées encoreaux habitations de campagne de la haute bourgeoisie, sedilate et atteint à la fois la région supérieure et la ré-gion inférieure, absorbant par en haut le château, qui lui