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l’autre. Peu ou pas d’essai derenaissance, de l’antique oudu moyen âge, car ces ten-tatives ne sont, la plupart dutemps, inspirées que par desinfluences passagères. Cher-chez l’harmonie dans unegamme de formes ni austè-res ni brillantes, mais sobres ;ni trop châtiées, ni positive-ment vulgaires, mais d’ungoût sage qui n’attire ni nechoque.
Si ce n’est pas de l’artdans la haute acception dumot, c’est du moins la réalitépratique de la vie, dont ondoit suivre avant tout les in-dications dans les construc-tions relativement modestesmais utiles des maisons àloyer. Quant au grand art,c’est dans les conceptionsplus élevées et plus généralesqu’il en faut poursuivre lesapplications, et d’ailleurs onne fait en cela qu’obéir à unde ses principes essentiels,qui veut à chaque destina-tion sa forme correspon-dante , comme à chaquetemps son œuvre.
Cela ne veut pas dire queles maisons à loyer sont des-tinées à reproduire éternelle-ment un petit nombre de ty-pes connus, parvenus déjàau degré de perfection dontest susceptible ce genre d’ha-bitation. Loin de là, chaquejour montre au contraire quel-que innovation : ici on in-cline le dessous des balconsde façon à couper plus oumoins perpendiculairementle rayon visuel du spectateurdans la rue; disposition quipermet de tracer sur cesplans inclinés des inscrip-tions commerciales ou desimples décorations 1 ; làc’est une manière ingénieusede grouper les étages et d’é-viter cette apparence de ca-serne ou de ruche humaine
1 . Voy. les dessins fig. 1, 2 et 3 ci-dessus, d’une maison construite parM. Janicot, boulevard de Sébastopol (rive gauche), n° 43, et l 'Exemple F 2de M. Levicomte.
2. 11 est intéressant de comparer le procédé adopté par MM. Garnier etCoulon pour arriver à ce résultat ds>ns la maison Exemple B 2 , et celui suivi
qui résulte de la monotonie et de la multiplicité d’étagesà peu près uniformes 2 ; enfin ce sont des serres s’ou-vrant sur les salons et qui s’étagent en « tours de cris-tal 3 ».
Fig. 4. — Tour en fer et verre, formant quatre étages de jardins d’hiver.(Boulevard Malesberbes.)
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Fig. 5. — Plan de la tour des jardins.
— Dans un appartement de maison à loyer, commedans un hôtel ou une villa, il faut séparer soigneuse-ment les pièces destinées à recevoir le public de cellesqui doivent être exclusivement consacrées à la famille ;les pièces réservées au service domestique doivent aussiêtre isolées des autres. Cette séparation est facile dansune grande habitation, où chaque étage peut recevoirune destination spéciale ; mais lorsque tout ce système,à la fois d’indépendance et de communication facile, doitêtre réalisé dans un appartement réduit à un seul étageou à une portion seulement d’étage, la difficulté estbeaucoup plus grande, et, pour la vaincre, il faut utiliser
par M. Janicot dans une maison dont nous reproduisons ci-contre (fig. 1 et 2)les étages supérieurs et l’entre-sol. Cette dernière maison a cinq étages; les troisétages qui surmontent celui de l’entre-sol, sont embrassés par le système depiédroits et d’arcatures qui portent le balcon de couronnement de la maison.
3. Voy. les fig. 4 et 5 ci-dessus.
Fig. 1. — Les étages supérieurs d'unemaison à loyer construite en 1862 parM. Jaflicot, architecte.
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Fig. 2.—Le balcon de l’entre-sol de lamôme maison.
Fig. 3. — Coupe sur ce balcon.