23
Mais ces principes importants sont cependant subordon-nés à un principe plus général encore : celui de l’harmoniede l’édifice avec le caractère des lieux, avec les traditionset le goût particulier de la famille pour laquelle on construit.
— Notre architecture des campagnes est loin d’avoir at-teint le terme de son développement ; elle est en voie seu-lement de se constituer. Plusieurs de nos collèges de Pa ris ont leurs succursales dans la zone exlra-muros ; il
en est de même des hospices et des hôpitaux : c’est toutun mouvement nouveau, immense, qui est en train des’accomplir, sans dessein préconçu, sans entente collec-tive, mais sous une même influence, une même pression,celle des progrès de la civilisation. La villa, avons-nousdit, c’est l’hôtel privé à la campagne; il y faut aussi lamaison à loyer; enfin, toutes les formes de l’habitationurbaine à peu près paraissent devoir trouver tôt ou tardleur contre-partie dans les champs.
Au lieu de donner simplement les « prix de revient » des habi-tations dont nous avons publié les dessins, nous avons préféréoffrir à nos lecteurs un tableau des prix moyens, par mètre su-perficiel, de chacune des neuf classes d’habitations qui font icil’objet de nos éludes, sauf à citer à litre « cVExemples particu-liers d les prix de revient des principaux spécimens d’hôtels,de maisons à loyer et de villas qui figurent dans ces volumes.
Les prix moyens ci-dessous ne comprennent pas les hono-raires de l’architecte. Par « surface du terrain bâti » on ne com-prend ni le sol des perrons ni celui des varandes, etc.
HOTELS PRIVÉS.
11 est assez difficile d’établir une donnée générale et parconséquent une moyenne de « prix de revient » pour les con-structions de ce genre. La forme du plan, la nature des maté-riaux, le luxe plus ou moins grand do la décoration, etc., peu-vent donner des différences de prix énormes. On peut établir,cependant, dans chacune des trois classes d’hôtels privés, unou même deux types reproduisant les principaux caractères deshabitations de cet ordre et auxquels nous appliquerons un prixmoyen de revient.
Hôtels privés. — 2 re classe. — 1 er Type. — Plan régulier; bâti-ment élevé sur caves et sous-sol, d’un rez-de-chaussée conte-nant les grands appartements de réception, d’un premier étagepour les appartements privés et d’un étage de comble où setrouvent installés divers services de la maison qui n’ont puêtre établis dans le sous-sol, ainsi que le logement des domes-tiques; deux escaliers (un principal, un de service); calorifèredans le sous-sol, chauffant l’hôtel entier ; eau de la ville auxdifférents étages de l’hôtel, éclairage au gaz, etc. Perron sur lafaçade avec marquise en fer et verre.
Construction de premier ordre, très-soignée : les quatrefaces en pierre de taille, les murs intérieurs et de distributionen moellons et en briques, les escaliers en pierre, les plancherset le comble en fer, la couverture en ardoises avec ornementsen zinc, les parquets en chêne à l’anglaise et à point de Hon-
grie; la menuiserie, la marbrerie, la peinture très-soignées; laquincaillerie, la miroiterie, les tentures de premier choix, richeset de bon goût.
Prix moyen de revient du mètre superficiel de terrain bâti,de 600 à 650 francs.
2 e Type. — Bâtiment élevé sur caves et sous-sol, d’un rez-de-chaussée et de deux étages, le dernier mansardé; escalierprincipal et escalier de service, calorifère dans le sous-sol, dis-tribution d’eau, éclairage au gaz.
Construction de 2 e ordre ; murs de la façade principale enpierre de taille, les autres en moellons; murs intérieurs et dedistribution en briques et pans de bois ; escalier principal enpierre jusqu’au premier étage, le surplus en bois,' ainsi que l’es-calier de service; planchers en ,fer; comble en charpente(chêne); couverture en ardoises et zinc; parquets en chêne; lamenuiserie, la marbrerie, la peinture, établies plus simplementque dans le premier type ; la quincaillerie, la miroiterie, lestentures de choix, mais sans luxe.
Prix moyen de revient du mèt. sup. de terrain bâti, de 500 à550 fr.
— Exemple particulier. Spécimen 11 \ pl. 1 à 11, boulevard Monceaux.Cot liôtel, construit en 1858 50, a coûté 220,008 fr. 11 c., qui se décomposent ainsi, d’après les mémoires réglés :
Charpente. 19,859 13
Serrurerie. 20,705 25
Menuiserie. 18,953 77
Marbrerie. 3,848 87
Couverture et plomberie. 14,123 71
Établissement des eaux de la Ville. 1,077 52
Peinture, tenture et vitrerie. 21,207 05
Sculpture. 2,274 00
Carton-pierre. 3,573 05
Pavage et bitume. 2,539 31
Fumisterie. 4,944 53
Appareils à gaz. 1,005 08
Total. 220,008 fr. 11
Hôtels privés. — 2 e classe. — Un hôtel privé de deuxièmeclasse peut être construit aussi luxueusement qu’un hôtel depremière classe ; seulement, comme il n’aura pas des pièces de