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LE TEMPLE DE JEUUSALEM.
donnent à l’archivolte la forme d’une accolade en dissimulant le plein cintre primitif : le dessin qui lesrecouvre est d’une grande élégance et d’une remarquable ampleur (planche XXIX). L’ouverture desfenêtres est remplie par une clôture, également en faïence, et qui constitue le grillage dont nous avonsdéjà signalé l’effet sur l’éclairage des vitraux intérieurs; elle est produite par deux systèmes decarreaux, les uns rectangulaires percés à leur centre et sur leurs angles, les autres en forme de croix(planche XXIX) : c’est l’imitation en terre émaillée des clôtures de pierre employées en Orient de touteantiquité, et dont l’usage s’est continué presque jusqu’à nos jours dans les églises byzantines 1 2 .
Des faïences analogues à celles que nous venons de décrire recouvrent la petite rotonde contiguëà la mosquée et qui se nomme Qoiibbet-es-Silsileh, « Coupole de la chaîne » : elles sont de la mêmeépoque, de la même fabrique, et ont été posées en même temps que celles de la mosquée; c’est là quese trouve la date de tout ce grand travail, dans une inscription qui décore la frise et dont voici lesprincipaux passages :
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« A fait renouveler cette faïence Sa Hautesse noble et royale notre maître le sultan Soliman , filsde Sélim, fils de Bayazid.en l’année 969. » (1561.)
Le mot Qachimi % , par lequel est désignée la faïence, indique son origine : elle vient de la ville deQachân en Perse, renommée pour ses fabriques. La matière est une terre grise assez grossière, avecune couverte blanche opaque, qui recevait la peinture, et était ensuite vernissée à l’aide d’un émailtransparent. On ne sait qu’admirer le plus, du goût qui a présidé au choix des formes et des couleurs,ou de l’habileté industrielle qui a permis de fabriquer par milliers et à bon marché ces carreauxdécorés de dessins variés, tracés avec une grande fermeté de main, sans bavures, sans variations dansles tons de même valeur. La Perse n’a pas toujours conservé le monopole de cette fabrication, qui, àpartir du xvi e siècle, a été cultivée avec succès à Damas et à Rhodes .
Tout l’ensemble des travaux de Soliman le Magnifique fut terminé par la construction des portesdu Qoubbet-es-Sakhrah; elles sont en bois, recouvertes de lames de bronze fixées par des clousartistement travaillés. Les anneaux des serrures ne manquent pas d’élégance : elles portent la datede 972 (1564), un an avant la mort de Soliman .
Le seul travail un peu complet qui ait été exécuté depuis cette époque est la instauration desplafonds des bas-côtés, faite en 1190 (1776). Ce sont des compartiments de bois peint dans lesquels ona incrusté des plats en porcelaine de Chine . Cette décoration, quoique lourde et criarde, se fond dansl’harmonie générale; je n’en ai reproduit 3 que la corniche, petite arcature qui circule tout autour dumonument et cache le bandeau sur lequel s’appuient les solives.
1. Voir les exemples de clôtures de l’époque romaine que nous avons réunis dans La Syrie centrale, et ceux du moyen âgerecueillis en Italie et en Grèce par M. Édouard Didron , Annales archéologiques, t. XXIII.
2. Le mot se trouve une fois dans la description de Medjr-ed-Din, § 17, à propos d’un petit oratoire situé dans l’anglesud-ouest de la plate-forme, et qui était recouvert de « carreaux de Qachân » ; à l’époque où l’auteur écrivait (fin du xv e siècle),c’était le seul monument du Haram qui eût reçu ce genre de décoration.
3. Planche XXII, a.