INTRODUCTION.
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Marius, loin de désigner le vainqueur, ne pouvait doue se rapporterici qua l’un des ennemis restés sur le champ de bataille. Peut-être,parmi les noms inscrits sur d’autres armures, aurait-on pu êtreconduit à une interprétation plus positive.
D’autre part, les opinions qui en attribuent l’érection en l’honneurdes victoires de Domitius AEnobarbus , de César et <XAuguste, bienque fondées sur des raisons plus savantes, n’en paraissent pas plusconcluantes.
Mais, si jusqu’alors on est encore resté dans le doute sur lenom du héros en l’honneur duquel l’arc a été élevé, on peut aumoins, par l’appréciation de son style d’architecture, de la modu-lation de ses profils, du caractère et de l’exécution de ses ornements,déterminer, sous ce rapport, l’époque à laquelle il semble appartenir.
Sans prétendre m’immiscer en rien dans des discussions étran-gères à mon sujet, je me bornerai donc à constater ici que l’ordon-nance générale de ce monument rappelle, jusque dans les moindresdétails, l’état de l’art tel qu’on l’observe sous Trajau et les Antonins;circonstance qui placerait conséquemment l’époque de son érectiondans le cours de cette période de l’empire romain.
Le seul but que j’aie eu en vue, dans les études auxquelles je mesuis livré sur l’arc de triomphe, le théâtre et le cirque d’Orange, aété, ainsi que je l’ai déclaré précédemment, d’exprimer mon opinionsur le rang que le mérite de leur architecture leur assigne parmiles monuments antiques du même genre.
C’est en 1807 que j’eus l’occasion de visiter, pour la première fois,les antiquités d’Orange. L’arc de triomphe était alors encombré, surune hauteur de 4 à 5 mètres, par les matériaux et débris provenantde la démolition d’ouvrages de défense établis par Raymond deBaux, dans le treizième siècle, à tel point qua peine pouvait-onpasser sous les petites arcades (1).
(1) Voir la planche n" II.